Le marché de l'emploi français affiche une dégradation au troisième trimestre, marquée par une progression du nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité. Cette tendance, qui s'inscrit dans une dynamique de hausse annuelle, soulève des questions sur la résilience du marché face aux évolutions réglementaires et aux difficultés de recrutement persistantes.
Une progression marquée des inscriptions en catégorie A
Les données publiées par France Travail et le ministère du Travail font état d'une augmentation de 0,9 % du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A — ceux n'exerçant aucune activité — au cours du troisième trimestre. Cette hausse porte le total à 3,35 millions de personnes, soit une progression de 2,1 % sur un an. Si l'on intègre les demandeurs d'emploi ayant exercé une activité réduite, le volume global des inscrits tenus de rechercher un emploi atteint 5,85 millions, enregistrant une croissance de 0,8 % sur le trimestre et de 2,4 % sur douze mois.
L'impact des nouvelles modalités d'inscription
L'analyse statistique est toutefois nuancée par les changements structurels introduits en janvier 2025, notamment l'inscription automatique des allocataires du RSA et des jeunes en parcours d'insertion. En neutralisant ces effets mécaniques, la hausse du nombre de demandeurs d'emploi sans activité se limite à 0,3 % sur le trimestre et à 0,9 % sur l'année. Parallèlement, le nombre d'inscrits en parcours social a bondi de 10,4 % sur le trimestre, atteignant 597 000 personnes, tandis que le flux de nouveaux inscrits en attente d'orientation a reculé de 13,8 %.
Des disparités marquées selon les classes d'âge
La situation sur le marché du travail varie considérablement selon les segments démographiques. Les jeunes de moins de 25 ans sont particulièrement exposés, avec une hausse de 2,4 % des inscrits sans activité sur le trimestre. À l'inverse, la situation des seniors de 50 ans et plus se distingue par une relative stabilité, voire une légère amélioration : le nombre d'inscrits en catégorie A a diminué de 0,1 % sur le trimestre et de 0,8 % sur un an. Pour cette tranche d'âge, le volume global incluant les activités réduites affiche une stagnation sur l'année.