Les commerçants du marché central de Kumasi tirent la sonnette d'alarme face à la flambée des prix de sous-location pratiquée par certains propriétaires de boutiques. Cette spéculation, qui voit des espaces acquis à 25 000 GH¢ être reloués jusqu'à 100 000 GH¢, menace directement la viabilité financière du vaste projet de réaménagement du site.
Une régulation nécessaire pour protéger les revenus du marché
Nana Akwesi Prempeh, président de la Fédération des commerçants de Kumasi, pointe du doigt des initiatives individuelles qui échappent au contrôle de la direction du marché. Pour endiguer ce phénomène, les représentants des commerçants préconisent l'instauration d'une politique stricte imposant une autorisation préalable de la direction pour toute cession ou mise en location d'un espace. L'objectif est d'éviter que la spéculation ne vienne fragiliser les efforts de mobilisation de fonds nécessaires à la poursuite des travaux de modernisation.
L'impératif de solvabilité des propriétaires
Au-delà de la régulation des prix, le débat se cristallise sur le respect des engagements financiers des occupants actuels. La direction du marché et les syndicats de commerçants intensifient leurs efforts pour recouvrer les arriérés de primes. Le maire de Kumasi, Richard Ofori Agyemang Boadi, a d'ailleurs fixé une échéance claire : les propriétaires n'ayant pas réglé leurs obligations financières d'ici le 31 décembre 2026 s'exposent à la perte de leurs espaces commerciaux. Cette mesure vise à sécuriser les ressources propres du projet et à réduire la dépendance aux emprunts bancaires.
Un enjeu de pérennité pour le projet de réaménagement
Après des années de retards, la reprise des travaux de la nouvelle phase du marché est perçue comme une opportunité majeure pour les acteurs économiques locaux. Les leaders des commerçants insistent sur le fait que la réussite de ce chantier est une responsabilité collective. La concertation, qui doit désormais inclure les institutions financières et les autorités municipales, est présentée comme la voie à suivre pour établir des mécanismes de régulation pérennes. Il s'agit, pour les autorités, de transformer le marché de Kejetia en un moteur d'autofinancement pour les futurs projets de développement urbain de la métropole.