Le marché alimentaire béninois a connu une phase de déflation notable au cours du mois d'août 2026. Portée par une disponibilité accrue des stocks et une régulation des exportations, cette tendance à la baisse touche principalement les céréales et les produits maraîchers, offrant un répit aux consommateurs locaux.
Le maïs, fer de lance de la baisse des prix
Le maïs enregistre la chute la plus significative parmi les denrées de base. Avec un prix moyen fixé à 138 F CFA le kilogramme, la céréale affiche un recul de 7 % sur un mois et de 25 % sur une année. Cette dynamique s'explique par une offre abondante sur le marché intérieur, couplée à une demande extérieure contenue. La stratégie de maintien de la redevance à l'exportation, fixée à 100 F CFA par kilogramme, joue un rôle déterminant en limitant les sorties massives vers les pays limitrophes, favorisant ainsi l'approvisionnement local.
Riz et tomate : l'impact de l'offre et des marchés internationaux
Le secteur du riz, qu'il soit local ou importé, suit également une trajectoire baissière. Le riz local s'établit à 485 F CFA le kilogramme, tandis que le riz importé recule à 521 F CFA. Cette détente est corrélée à la reprise des exportations indiennes de riz, qui influence favorablement les prix sur le marché béninois. Parallèlement, la tomate fraîche a vu son prix chuter de 22 % pour atteindre 494 F CFA le kilogramme, une baisse directement liée à la forte disponibilité de la production maraîchère locale durant cette période.
Des disparités persistantes sur certains produits
Malgré cette tendance globale, le marché reste contrasté. Certaines denrées essentielles, comme l'igname à piler, ont subi une hausse de 8 % sur un mois, atteignant 506 F CFA le kilogramme. Cette progression est attribuée à un pic de demande saisonnière lié aux célébrations culturelles du 15 août. Le soja et le niébé ont également enregistré des augmentations respectives de 3 % et 5 % sur les marchés de consommation.
Vers une meilleure gestion des flux agricoles
Face à ces mouvements hétérogènes, les autorités agricoles soulignent la nécessité de consolider la souveraineté alimentaire. Le Système d'information sur les marchés agricoles préconise une intensification de la production nationale et une optimisation des circuits d'écoulement des surplus. Le renforcement du suivi des flux commerciaux demeure un levier stratégique pour stabiliser les prix et garantir une sécurité alimentaire durable sur l'ensemble du territoire béninois.