Le Mandela Center International (MCI) a formellement dénoncé la gestion des transferts de migrants expulsés des États-Unis vers le Cameroun. L'organisation pointe du doigt un accord bilatéral opaque et appelle l'Union africaine à instaurer un mécanisme de contrôle strict pour protéger les droits des personnes concernées.
Un mécanisme de transfert sous haute tension
Depuis janvier 2026, quatre vols ont acheminé 36 ressortissants de neuf pays africains — dont l'Angola, l'Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Maroc, la RDC, le Sénégal, la Sierra Leone et le Zimbabwe — vers le sol camerounais. Selon le secrétaire exécutif permanent du MCI, Jean-Claude Fogno, ces individus se retrouvent dans une situation de vulnérabilité extrême, dépourvus de documents d'identité et de statut légal, tout en subissant des restrictions de mouvement sur le territoire camerounais.
Risques de refoulement et protection des droits
L'ONG exprime une vive inquiétude quant au respect du principe de non-refoulement. Le MCI rapporte que cinq personnes, dont deux ressortissantes marocaines et un citoyen sénégalais, ont été contraintes de retourner dans leur pays d'origine malgré des risques documentés de torture ou de représailles liées à leur orientation sexuelle. L'organisation exige désormais que l'État camerounais garantisse la sécurité de ces migrants et assure la poursuite effective de leurs procédures d'asile, conformément aux engagements internationaux.
L'interpellation de l'Union africaine
Face au silence persistant des autorités de Yaoundé malgré plusieurs interpellations, le MCI a saisi l'Union africaine. L'ONG demande à l'institution panafricaine de mettre en place un mécanisme de suivi rigoureux de ces déportations. L'objectif est d'obtenir une position commune interdisant aux États membres d'accepter des migrants expulsés par des puissances étrangères, une pratique qui se multiplie sur le continent. Plusieurs pays, tels que le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée équatoriale, le Rwanda ou la RDC, ont en effet conclu des accords similaires avec Washington, souvent adossés à des contreparties financières ou logistiques.