Le gouvernement malien réaffirme son engagement dans la lutte contre la traite des êtres humains à l'occasion de la clôture de la 13e Journée mondiale dédiée à ce fléau. Cette mobilisation marque également le bilan du projet COMPASS, une initiative quinquennale soutenue par les Pays-Bas et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour renforcer la résilience institutionnelle face aux réseaux criminels.
L'émergence des menaces numériques
Le thème de cette édition, « Pièges derrière l’arnaque », souligne une mutation préoccupante des modes opératoires des réseaux de traite. Les autorités maliennes alertent sur l'utilisation croissante des outils numériques, où de fausses offres d'emploi et des promesses fallacieuses servent de vecteurs pour recruter et exploiter des personnes vulnérables. Face à cette dématérialisation des réseaux, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, a insisté sur la nécessité d'une vigilance accrue de la part des familles et sur le rôle crucial des médias dans la sensibilisation et la dénonciation de ces pratiques.
Bilan et pérennisation du projet COMPASS
Après cinq années d'activité, le projet COMPASS a permis de structurer une réponse nationale plus cohérente. Le programme a favorisé le renforcement des capacités institutionnelles et l'amélioration de la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la protection des victimes. Ces acquis sont désormais considérés par l'État malien comme le socle indispensable pour bâtir une stratégie de lutte durable, capable de s'adapter aux évolutions constantes des méthodes criminelles.
Une coopération internationale stratégique
La réussite de cette initiative repose sur un partenariat étroit entre le Mali, le Royaume des Pays-Bas et l'OIM. L'ambassadeur néerlandais, Erik De Feijjter, ainsi que la représentante de l'OIM, Sara El-Koundi, ont réitéré leur volonté de poursuivre cet accompagnement technique. L'enjeu pour les partenaires est de maintenir une dynamique de coopération transfrontalière, indispensable pour contrer une criminalité qui ignore les frontières nationales.
Quatre piliers pour une action durable
Pour le ministère de la Justice, l'action publique doit désormais s'articuler autour de quatre impératifs : prévenir, protéger, poursuivre et coopérer. Cette approche intégrée vise à garantir une réponse judiciaire ferme tout en assurant une protection efficace des populations les plus exposées. La pérennisation de ces mécanismes de coordination demeure le point de vigilance majeur pour assurer la protection de la dignité humaine sur le territoire malien.