Le Mali redéfinit la gestion des infrastructures routières locales pour optimiser la décentralisation

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 58 lectures
Le Mali redéfinit la gestion des infrastructures routières locales pour optimiser la décentralisation

Le gouvernement malien a adopté deux décrets visant à clarifier la répartition des compétences en matière de routes et de transports entre les communes, les régions et le District de Bamako. Cette réforme, qui fait suite à la suppression des Cercles en tant que collectivités territoriales, cherche à combler un vide juridique pour améliorer l'entretien du réseau local.

Une réorganisation dictée par la réforme territoriale

La loi du 13 mars 2023, en supprimant le Cercle en tant que collectivité territoriale, a rendu obsolètes les textes de 2018 qui régissaient la gestion des infrastructures. Les nouveaux décrets adoptés le 21 août visent à corriger ce décalage en redistribuant les responsabilités opérationnelles. L'objectif est d'éviter qu'une compétence ne reste sans responsable entre l'échelon communal et régional, tout en permettant aux services du ministère des Transports d'assurer un rôle d'appui-conseil indispensable.

Le défi de l'adéquation entre moyens et responsabilités

Si la proximité permet une meilleure identification des besoins — notamment pour l'accès aux marchés, aux écoles et aux centres de santé — elle ne suffit pas à garantir la viabilité des routes. La réussite de ce transfert dépendra de la capacité des collectivités à mobiliser des ressources techniques et financières. À ce jour, les communes rurales, qui gèrent souvent les réseaux les plus étendus, disposent de recettes fiscales limitées. Sans un mécanisme de péréquation efficace, le risque est de voir se creuser les inégalités entre les territoires économiquement dynamiques et les zones enclavées.

La nécessité d'une gestion préventive et transparente

Au-delà du financement, la pérennité du réseau routier repose sur une maintenance préventive rigoureuse. Les collectivités devront être accompagnées dans la programmation des travaux et la passation des marchés publics pour éviter des coûts de reconstruction prohibitifs. L'efficacité de cette réforme sera également scrutée à travers la transparence de la gestion : la publication des budgets alloués et des travaux réalisés par chaque collectivité est présentée comme une condition sine qua non pour éviter les renvois de responsabilité entre les différents niveaux administratifs.

L'enjeu de la continuité territoriale

L'amélioration des grands corridors nationaux, à l'image du projet de réhabilitation du tronçon Diéma-Sandaré soutenu par la Banque mondiale à hauteur de 133 milliards de FCFA, reste incomplète si les pistes secondaires qui y mènent demeurent impraticables. Pour les populations, la réussite de la décentralisation ne se mesurera pas à la précision des textes juridiques, mais à la capacité réelle des autorités locales à garantir une circulation fluide tout au long de l'année, y compris durant la saison des pluies.

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