Le 2 septembre 2026, le Centre Hospitalier Universitaire Gabriel Touré de Bamako a été le théâtre d'une prouesse médicale inédite au Mali. Une équipe pluridisciplinaire entièrement composée de praticiens nationaux a réussi la séparation chirurgicale de deux fillettes siamoises, une intervention d'une extrême complexité qui souligne la montée en compétence des plateaux techniques locaux.
Une intervention chirurgicale de haute précision
Nées le 29 août 2026 par césarienne, les jumelles Berthe présentaient des malformations congénitales rares, partageant notamment un système digestif et urinaire commun. Face à cette situation, les équipes du CHU Gabriel Touré ont mobilisé une expertise multidisciplinaire incluant chirurgiens pédiatriques, anesthésistes-réanimateurs, cardiologues et radiologues. Avant de passer à l'acte, cinq jours d'examens cliniques et paracliniques rigoureux ont été nécessaires pour sécuriser l'opération, dont le succès total permet aujourd'hui aux deux enfants de poursuivre leur convalescence sous surveillance spécialisée.
La reconnaissance des autorités sanitaires
L'ampleur de cet exploit a suscité une réaction officielle immédiate. Le 9 septembre 2026, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social, s'est rendue au chevet des fillettes, accompagnée de ses collègues en charge de la Promotion de la Femme et des Affaires religieuses. La ministre a salué une « prouesse » scientifique, soulignant que cette réussite honore non seulement le corps médical du CHU, mais également l'ensemble du système de santé national.
Un signal fort pour l'autonomie médicale malienne
Au-delà du succès clinique individuel, cette opération marque un tournant symbolique pour le secteur de la santé au Mali. En réalisant une intervention de ce niveau de technicité sans aucun recours à une expertise étrangère, les praticiens maliens démontrent une capacité opérationnelle de rang international. Cette réussite met en lumière le potentiel des ressources humaines locales et renforce les arguments en faveur d'un investissement continu dans le renforcement des plateaux techniques des hôpitaux publics du pays, afin de répondre à des défis médicaux de plus en plus complexes sur le territoire national.