Le gouvernement malien a officiellement arrêté les grandes lignes de son projet de loi de finances pour l'année 2027. Ce document budgétaire affiche une volonté de redressement des comptes publics, marquée par une progression significative des recettes nationales et une contraction du déficit global par rapport à l'exercice précédent.
Une hausse des recettes projetée à 14,6%
Le projet de loi de finances 2027 table sur des recettes prévisionnelles s'élevant à 3 866,635 milliards de francs CFA. Cette estimation représente une augmentation substantielle de 493,740 milliards de francs CFA, soit une progression de 14,64 % par rapport au budget rectifié de 2026. Cette dynamique de croissance des revenus de l'État constitue le levier principal sur lequel s'appuie l'exécutif pour tenter de stabiliser les finances nationales malgré un contexte économique exigeant.
La maîtrise des dépenses comme levier de réduction du déficit
Parallèlement à cette hausse des revenus, les dépenses publiques sont fixées à 4 462,646 milliards de francs CFA pour l'année 2027. Bien que ces dépenses augmentent de 469,326 milliards de francs CFA, soit une hausse de 11,75 %, le rythme de progression des recettes demeure supérieur à celui des charges. Cette stratégie permet de ramener le déficit budgétaire à 596,011 milliards de francs CFA, contre 620,425 milliards dans la loi de finances rectifiée de 2026, actant ainsi une réduction de 3,93 % du solde négatif.
Les inconnues de la mise en œuvre budgétaire
Si les grands équilibres macroéconomiques sont désormais tracés, le taux de couverture des dépenses par les recettes s'établit à 86,6 % pour 2027. À ce stade, les détails opérationnels restent toutefois à préciser. Le gouvernement n'a pas encore communiqué sur les mesures fiscales spécifiques qui permettront d'atteindre ces objectifs de collecte, ni sur la répartition sectorielle des investissements. De même, les modalités précises de financement du déficit de près de 596 milliards de francs CFA n'ont pas encore été rendues publiques, constituant un point de vigilance majeur pour les observateurs de la trajectoire financière du pays.