Face à une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire, le gouverneur de la région de San, le colonel-major Ousmane Sangaré, a instauré un couvre-feu nocturne sur l'ensemble du territoire régional. Cette mesure, en vigueur depuis le 24 août 2026, restreint la circulation des personnes et des véhicules de 22 h 30 à 6 h du matin, dans une zone stratégique située à proximité de la frontière avec le Burkina Faso.
Une réponse à l'attaque du 23e Régiment d'infanterie
Cette décision intervient deux semaines après l'assaut mené le 9 août contre l'emprise du 23e Régiment d'infanterie de San. Revendiquée par le JNIM, l'opération avait mobilisé des moyens offensifs importants, incluant des drones, des mitrailleuses lourdes et des véhicules blindés ayant permis d'ouvrir une brèche dans le camp militaire. Si l'État-major général des Armées a affirmé avoir repoussé l'offensive et neutralisé plus d'une cinquantaine d'assaillants, l'événement a marqué un tournant dans la gestion sécuritaire de la région.
Un dispositif étendu à 42 communes
Le couvre-feu ne se limite pas au centre urbain de San mais s'applique aux sept cercles et 42 communes que compte la région. Seuls les véhicules des Forces de défense et de sécurité ainsi que ceux en mission officielle sont exemptés de cette restriction. Parallèlement, les autorités locales ont reçu des instructions pour intensifier la surveillance des rassemblements et optimiser la circulation des informations liées à la sécurité, soulignant la volonté de l'État de reprendre le contrôle des axes de communication.
Opérations militaires et enjeux stratégiques
La région de San constitue un point de passage névralgique, traversée par la RN6 qui relie Bamako au centre du pays, vers Ségou et Mopti. Le renforcement des mesures sécuritaires accompagne la poursuite de l'opération militaire Dougoukoloko. Le 24 août, l'armée malienne a mené des frappes ciblées au sud-ouest de San, visant des regroupements armés, des véhicules et des installations logistiques. La pérennité du couvre-feu reste toutefois conditionnée à l'évolution de la situation sur le terrain, les autorités se réservant le droit de modifier ou de prolonger ces restrictions selon les impératifs opérationnels.