Alors que la 31ème Conférence des Nations unies sur le Climat s'ouvre à Antalya, le Mali réaffirme ses ambitions climatiques avec une nouvelle Contribution déterminée au niveau national (CDN). L'enjeu majeur pour le pays reste la concrétisation des promesses financières internationales en solutions opérationnelles pour les producteurs agricoles et les communes.
De la stratégie nationale aux besoins des producteurs
Le Mali a récemment validé les orientations de sa troisième CDN, visant une réduction de 25,25 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2035. Au-delà de l'atténuation, l'urgence porte sur l'adaptation. Les campagnes agricoles récentes, marquées par des pauses pluviométriques à Sikasso et Bougouni, illustrent la vulnérabilité du secteur. Des initiatives comme le projet d'assurance agricole d'OKO Mali, soutenu par le fonds InsuResilience, tentent d'apporter des réponses concrètes en combinant alertes météorologiques et conseils techniques, essentiels pour sécuriser les revenus des ménages ruraux.
Les obstacles à l'accès aux financements internationaux
Malgré des objectifs mondiaux ambitieux, tels que le triplement des financements pour l'adaptation d'ici 2035, le fossé entre les promesses et les décaissements réels demeure préoccupant. Les experts soulignent que la complexité des dossiers de candidature, exigeant des analyses de risques rigoureuses et des capacités de gestion accrues, freine l'accès aux ressources. Si des entités comme la Banque nationale de développement agricole (BNDA) ont obtenu des accréditations auprès du Fonds vert pour le climat, le processus reste long et exigeant, nécessitant un renforcement des compétences techniques nationales.
Le rôle crucial des collectivités territoriales
La gestion des impacts climatiques ne peut se limiter aux projets nationaux ; elle doit s'ancrer dans les territoires. L'intégration des risques climatiques dans les Programmes de développement économique, social et culturel (PDESC) des communes est identifiée comme un levier indispensable. Toutefois, le contexte sécuritaire actuel complique la mise en œuvre de ces politiques, notamment en entravant le travail des agents de terrain. Pour les acteurs maliens, la réussite de la transition climatique dépendra de la capacité à documenter précisément les besoins et à assurer un suivi rigoureux des fonds, afin que l'aide internationale se traduise par une résilience durable des populations locales.