Le Mali face au défi de la transformation locale pour renforcer sa souveraineté économique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 3 lectures
Le Mali face au défi de la transformation locale pour renforcer sa souveraineté économique

Le Mois du consommer local, célébré dans l'espace UEMOA, met en lumière les ambitions du Mali pour transformer ses matières premières sur place. Si le potentiel agricole est réel, la faible valeur ajoutée industrielle et la persistance des importations alimentaires freinent encore la souveraineté économique du pays.

Un déficit structurel de transformation

Le Mali dispose d'un potentiel agricole vaste, porté par le coton, les céréales, le bétail et les produits maraîchers. Pourtant, la transformation agroalimentaire demeure sous-exploitée, ne contribuant qu'à 6,1 % du PIB en 2021, selon une cartographie du PNUD. Cette carence industrielle entraîne une perte de valeur ajoutée significative, le pays exportant l'essentiel de ses matières premières brutes. L'exemple du coton est frappant : alors que 98 % de la production des pays du C-4+ est exportée sous forme de fibre brute, le Mali s'est fixé pour objectif de transformer localement au moins 10 % de sa récolte pour dynamiser l'emploi et les revenus nationaux.

La dépendance persistante aux importations

La balance commerciale malienne reste fortement grevée par les achats extérieurs. En 2025, la facture des importations de produits alimentaires agricoles a atteint près de 495 milliards de francs CFA, selon les données de l'INSTAT. Cette dépendance souligne l'ampleur du marché potentiel pour les producteurs locaux, à condition que ces derniers parviennent à s'imposer face à une concurrence internationale omniprésente. L'enjeu est autant logistique qu'économique, nécessitant une montée en gamme de l'offre nationale pour capter cette demande intérieure.

Compétitivité et circuits de distribution

La question du prix reste centrale dans le débat sur la consommation locale. Si les données de l'INSTAT montrent une hausse annuelle des prix de 3,9 % pour les produits locaux contre 2,5 % pour les importés, les acteurs du secteur nuancent cette réalité. Pour Abdel Rahamane Sy, de l'Association des Jeunes pour la Valorisation du coton, la compétitivité repose sur un triptyque : qualité, présentation et efficacité des circuits de distribution. De son côté, Hélène N’Diaye, du Réseau solidaire en agroécologie paysanne citoyenne, souligne que le coût des produits importés est souvent artificiellement bas. Elle préconise le développement de marchés de proximité pour supprimer les intermédiaires inutiles, permettant ainsi de rendre les produits locaux plus accessibles tout en assurant une meilleure rémunération aux agriculteurs.

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