Le Mali fait face à une intensification des opérations jihadistes, marquées par des assauts simultanés contre des infrastructures militaires clés à proximité de la capitale et dans le centre du pays. Ces actions, survenues en l'espace de 24 heures, soulignent une montée en puissance des capacités tactiques des groupes armés et une volonté manifeste de déstabiliser les positions stratégiques de l'armée régulière.
L'incursion armée aux portes de Bamako
Dans la nuit du 18 au 19 septembre, le poste de contrôle de Kasséla, situé à la périphérie immédiate de Bamako, a été la cible d'une attaque surprise. Selon les rapports des forces de sécurité, les assaillants ont opéré à pied, utilisant des équipements de communication sophistiqués pour coordonner leur offensive. Les échanges de tirs ont causé des pertes humaines parmi les militaires en poste, tandis que les assaillants ont réussi à s'emparer d'armes et de munitions avant de se replier. Deux militaires, initialement portés disparus, ont été retrouvés sains et saufs le lendemain.
Frappes par drones à Sévaré
À 600 kilomètres au nord de la capitale, la localité de Sévaré a été le théâtre d'une opération d'un genre nouveau. Une base de drones de l'armée malienne a été visée par des drones kamikazes, ciblant spécifiquement un hangar abritant les appareils de surveillance et d'intervention. En réponse, les autorités ont bouclé la zone aéroportuaire, restreignant strictement les mouvements du personnel civil et confiant la sécurisation du périmètre aux forces spéciales maliennes.
Une mutation tactique face au pouvoir
Si certaines sources au sein de l'armée malienne interprètent ces attaques comme des actes de désespoir visant à perturber les célébrations de la fête de l'indépendance nationale du 22 septembre, les observateurs y voient une mutation plus profonde. Cette série d'offensives, qui fait suite à des pressions antérieures sur le quartier général de Kati, suggère une stratégie délibérée visant à affaiblir les capacités opérationnelles des militaires au pouvoir. L'évolution de la situation dans les prochains jours sera déterminante pour comprendre si ces actions marquent le passage à une nouvelle phase de confrontation directe sur l'ensemble du territoire.