Le Mali face à l'urgence d'éradiquer l'excision : la CNDH sonne l'alerte

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Le Mali face à l'urgence d'éradiquer l'excision : la CNDH sonne l'alerte

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Mali tire la sonnette d’alarme : malgré les avancées législatives, les mutilations génitales féminines, et notamment l’excision, restent un fléau persistant dans le pays. Dans un appel solennel, elle exige une intensification des campagnes de sensibilisation et une mobilisation accrue des autorités et de la société civile pour enrayer cette pratique aux conséquences dramatiques sur la santé des femmes et des filles.

Une pratique aux racines culturelles et sociales tenaces

Les mutilations génitales féminines, bien que condamnées par la loi malienne, continuent de toucher des milliers de filles chaque année au Mali. Selon les dernières données disponibles, cette pratique, souvent justifiée par des traditions ancestrales, concerne encore près de 85 % des femmes âgées de 15 à 49 ans dans certaines régions. Les conséquences sanitaires sont graves : infections chroniques, complications lors des accouchements, risques accrus de transmission du VIH, et traumatismes psychologiques durables. La CNDH souligne que ces pratiques, bien que progressivement rejetées par les jeunes générations, persistent en raison de pressions familiales et communautaires.

La CNDH exige une réponse coordonnée et des sanctions effectives

Face à cette situation, la Commission nationale des droits de l’homme a appelé les autorités maliennes à renforcer les mécanismes de prévention et de répression. Elle recommande notamment l’application stricte des lois existantes, qui interdisent les mutilations génitales, ainsi que le déploiement de programmes éducatifs ciblés dans les zones les plus touchées. La CNDH insiste également sur la nécessité de former les professionnels de santé à la détection et à la prise en charge des victimes, tout en impliquant davantage les leaders religieux et traditionnels dans la lutte contre cette pratique. « Il ne suffit pas de condamner la pratique sur le papier, il faut agir concrètement », a déclaré un membre de la Commission.

Un enjeu de santé publique et de droits humains

Au-delà des souffrances individuelles, les mutilations génitales féminines représentent un défi majeur pour le système de santé malien. Les complications médicales engendrées par ces pratiques pèsent lourdement sur les budgets des hôpitaux et des centres de santé, tandis que leur persistance freine les efforts du pays pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) liés à la santé et à l’égalité des genres. La CNDH rappelle que l’élimination de l’excision est un impératif non seulement moral, mais aussi économique et social. Elle appelle à une mobilisation nationale, incluant les partenaires internationaux, pour soutenir les initiatives locales et accélérer la fin de cette pratique.

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