La suspension de l'orpaillage artisanal en Haute-Guinée, effective depuis le 29 octobre 2026, provoque un mouvement de population transfrontalier majeur. Face à l'afflux de milliers de travailleurs maliens et burkinabè contraints de quitter les sites miniers de Siguiri, Bamako et Ouagadougou ont engagé une coopération diplomatique pour organiser leur retour et leur prise en charge.
La fin de l'exploitation artisanale en Haute-Guinée
Les autorités guinéennes ont justifié cette mesure radicale par la nécessité de stopper la dégradation environnementale et la pollution des cours d'eau causées par l'exploitation minière artisanale. Des opérations de sécurisation ont été menées sur des sites stratégiques tels que Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda, où les installations des exploitants ont été démantelées. Cette décision s'appuie sur un cadre législatif visant à éradiquer l'orpaillage illégal sur l'ensemble du territoire national.
Une pression migratoire sur les localités maliennes
Le Mali, pays limitrophe, se retrouve en première ligne de ce retour forcé. À Kouremalé, le maire Mamby Keïta a rapporté l'enregistrement de plus de 8 000 personnes dès le 2 novembre, une grande partie étant constituée de ressortissants burkinabè. À Yanfolila, dans le sud du pays, plus de 450 orpailleurs sont arrivés le 4 novembre. Ces chiffres, qui continuent d'évoluer, placent les autorités locales sous une forte pression logistique pour assurer l'accueil immédiat de ces populations.
Coordination diplomatique entre Bamako et Ouagadougou
Face à l'ampleur de la situation, le gouvernement malien, via son Centre de coordination et de gestion des crises, a mis en place des mesures d'assistance. Le Burkina Faso a dépêché une délégation ministérielle à Bamako pour identifier ses ressortissants, évaluer leurs besoins sanitaires et sécuritaires, et coordonner leur rapatriement. Ce dispositif vise à garantir un retour dans la dignité pour ces travailleurs, tout en soulignant la dépendance économique de milliers de familles ouest-africaines vis-à-vis de l'orpaillage artisanal.
Un défi régional persistant
Cet épisode met en lumière la fragilité des équilibres socio-économiques dans la sous-région. Si la protection de l'environnement est un impératif partagé par les États, la gestion des conséquences sociales des politiques minières reste un défi complexe. Pour les milliers d'orpailleurs en transit, l'enjeu immédiat demeure la transition vers de nouvelles sources de revenus, une fois leur retour dans leurs pays d'origine effectif.