Le Mali et l'Algérie ont entamé les 9 et 10 septembre la 13e session de leur Grande Commission mixte de coopération à Bamako, marquant une reprise formelle du dialogue après huit années d'inactivité. Ce sommet institutionnel, qui fait suite à une visite du Premier ministre malien à Alger fin août, vise à stabiliser les relations bilatérales entre les deux voisins sahariens.
Un apaisement après une période de fortes tensions
La tenue de cette commission intervient dans un contexte de normalisation diplomatique après une année 2024 marquée par une rupture profonde. Les relations entre Bamako et Alger s'étaient dégradées suite à la dénonciation par le Mali de l'accord de paix de 2015, dont l'Algérie était le principal médiateur. La crise avait culminé au printemps 2025 avec un incident frontalier majeur impliquant la destruction d'un drone malien par l'armée algérienne près de Tin Zaouatine, entraînant le rappel des ambassadeurs et une suspension des liaisons aériennes.
Un mécanisme historique de coopération bilatérale
Le cadre de la Grande Commission mixte, instauré en 1973, constitue l'ossature historique des échanges entre les deux nations. Ce mécanisme, qui réunit les gouvernements malien et algérien, est essentiel pour gérer les réalités d'une frontière commune s'étendant sur plus de 1 300 kilomètres. Depuis 2016, ce format est placé sous l'autorité directe des chefs de gouvernement, soulignant l'importance stratégique accordée à cette concertation pour la gestion des flux de populations et du commerce transfrontalier.
Priorités économiques et enjeux sécuritaires
Les discussions de cette session se concentrent sur des secteurs stratégiques, notamment l'énergie, le pétrole, le gaz, l'agriculture et la santé, des domaines déjà identifiés lors de la précédente rencontre en 2016. Au-delà des aspects économiques, la question sécuritaire occupe une place centrale dans les échanges. Face aux menaces persistantes dans la bande sahélo-saharienne, les deux États cherchent à transformer ce rapprochement diplomatique en une coopération opérationnelle concrète. Pour Bamako, cette relance s'inscrit dans une volonté plus large d'élargir ses partenariats régionaux afin de répondre aux défis sécuritaires et de développement auxquels le pays est confronté.