Le Mali amorce une transformation profonde de sa gouvernance urbaine en plaçant l'inclusion des personnes en situation de handicap au cœur de ses priorités nationales. Lors d'un séminaire tenu à Bamako le 4 septembre 2026, autorités et partenaires ont acté le passage d'une logique d'assistance traditionnelle vers une approche fondée sur les droits citoyens et la résilience structurelle.
Un changement de paradigme institutionnel
Le Dr Abdoulaye Guindo, Secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, a souligné la nécessité d'une refonte des politiques publiques. L'objectif est d'intégrer systématiquement la question du handicap dans l'élaboration des lois, des budgets et des projets sectoriels. Cette volonté politique, soutenue par la Fédération malienne des personnes handicapées, marque une rupture : l'inclusion n'est plus envisagée comme une option sociale, mais comme une obligation structurelle pour garantir l'égalité des droits au sein de l'espace urbain.
Le Projet de Résilience Urbaine de Bamako comme levier
Pour concrétiser cette ambition, le Projet de Résilience Urbaine de Bamako (PRUBA) a été déployé. Ce programme cible les zones vulnérables en améliorant l'accès aux services essentiels tels que l'assainissement, la gestion des déchets et l'approvisionnement en eau. Au-delà des infrastructures, le projet intègre une dimension de résilience face aux inondations, un enjeu critique pour les populations dont la mobilité est réduite. L'initiative vise à démanteler les barrières physiques, institutionnelles et sociales qui maintiennent encore trop souvent les personnes handicapées dans l'invisibilité.
Vers une planification urbaine inclusive à l'horizon 2030
Le Mali s'est fixé pour objectif de transformer ses villes d'ici 2030 afin qu'elles répondent aux besoins de l'ensemble de leurs habitants. Cette trajectoire exige une participation active des personnes concernées dans la conception des politiques d'aménagement. Désormais, la création de rampes d'accès ou l'adaptation des transports ne doivent plus être perçues comme des services spécifiques, mais comme des éléments fondamentaux de toute infrastructure urbaine. La réussite de cette transition dépendra toutefois de la capacité de l'État à maintenir cette dynamique et à allouer les ressources financières nécessaires pour transformer ces engagements en résultats mesurables.