La cinquième édition de la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE), qui se tient du 15 au 21 septembre, marque une étape charnière dans la stratégie de stabilisation du Mali. Désormais adossée à une architecture institutionnelle renouvelée, cette politique ambitionne de transformer les engagements nationaux en résultats tangibles pour les populations locales.
Un cadre juridique et institutionnel renforcé
Le dispositif de réconciliation s'est considérablement densifié depuis la promulgation, le 22 août 2025, de la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation. Ce texte, fruit du Dialogue inter-Maliens, structure les priorités autour de la justice, de la réparation et du vivre-ensemble. Pour assurer le suivi de ces orientations, l'Observatoire pour la Paix et la Réconciliation nationale, dirigé par l'ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, a été mis en place en mars 2026. À cela s'ajoute la création de l'Agence nationale pour la Consolidation de la Paix, issue de la restructuration de l'Agence de Développement du Nord du Mali, chargée d'intervenir directement dans les zones de fragilité.
La médiation au cœur des réalités locales
Au-delà des instances nationales, l'efficacité de la réconciliation se joue sur le terrain, notamment à Gao, Ansongo et Bourem. Les équipes d'appui locales se concentrent sur la résolution de conflits quotidiens, tels que les litiges fonciers ou les successions de chefferies traditionnelles. Ces médiations, qui intègrent les autorités communales, les femmes et les jeunes, visent à restaurer la confiance au sein des communautés. Le Projet de consolidation de la résilience et de la cohésion sociale, actif dans 34 villages et 15 quartiers, illustre cette volonté de ramener la paix aux préoccupations immédiates des citoyens.
Le défi de la réparation et de la transparence
La question des victimes demeure un indicateur clé de la réussite de ce processus. En juillet 2025, l'Autorité de gestion des réparations recensait plus de 30 000 dépositions accumulées depuis 1960. Si la reconnaissance des préjudices est entamée, le bilan effectif des réparations reste un point de vigilance majeur. La capacité des nouvelles structures à articuler justice, réparation et retour des déplacés sera déterminante pour évaluer la portée réelle de cette politique nationale.
Une dynamique sous-régionale
Placée sous le thème de la citoyenneté résiliente, cette édition de la SENARE s'inscrit dans une perspective élargie à l'Alliance des États du Sahel (AES). La présence de délégations du Burkina Faso, du Niger et de la Guinée souligne la volonté de coordonner les efforts de paix à l'échelle régionale. La cohérence entre ces nouveaux outils institutionnels et les résultats concrets sur le terrain sera l'enjeu principal des mois à venir, dans un contexte sécuritaire qui continue de peser sur plusieurs régions du pays.