Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a réaffirmé le rôle stratégique des femmes dans la résolution des crises sécuritaires au Sahel lors d'une rencontre régionale dédiée au leadership féminin à Bamako. Ce rendez-vous, marqué par la présence de l'envoyée spéciale de l'Union africaine, vise à structurer une médiation communautaire portée par des figures féminines engagées.
Un levier pour la paix et la cohésion sociale
La rencontre, placée sous le thème du plaidoyer pour le leadership féminin au Sahel et dans les pays côtiers, ambitionne de renforcer la participation des femmes à la prévention des conflits. Pour les autorités maliennes, il s'agit de transformer l'engagement des leaders féminins en un mouvement structuré capable de reconstruire les liens sociaux fragilisés par l'instabilité. Cette initiative s'inscrit dans une volonté de placer la médiation communautaire au cœur des stratégies de sortie de crise.
La menace terroriste comme enjeu continental
Abdoulaye Diop a insisté sur la nature transfrontalière du terrorisme, soulignant que les crises sahéliennes ne peuvent être traitées comme des problèmes isolés. Selon le chef de la diplomatie malienne, la stabilité du Sahel constitue un rempart indispensable pour l'ensemble du continent africain. Il a ainsi appelé à une solidarité agissante entre les nations africaines, tout en insistant sur le principe que les enjeux sécuritaires du Sahel doivent impérativement être discutés avec la participation active des pays concernés, rejetant toute approche extérieure déconnectée des réalités locales.
Réponse aux pressions géopolitiques
Le ministre a profité de cette tribune pour dénoncer les tentatives de stigmatisation visant les pays de la Confédération de l'Alliance des États du Sahel (AES). Face aux pressions économiques et aux narratifs internationaux sur la situation sécuritaire, il a salué la résilience des populations maliennes. En s'adressant aux leaders féminins présents, il a exhorté ces dernières à porter une « voix de la vérité » auprès des dirigeants et citoyens du continent, afin de contrer les discours erronés et de promouvoir une vision africaine commune de la sécurité et du développement.