En marge de la commémoration du naufrage du Joola, le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, a exhorté le gouvernement à faire de la réhabilitation du pont Émile Badiane une priorité nationale. Cette infrastructure, dont les procédures administratives sont finalisées, demeure un levier indispensable pour sécuriser les flux de populations et dynamiser les échanges économiques dans la région de la Casamance.
Un ouvrage stratégique en attente de financement
Bien que le projet de reconstruction soit inscrit dans la loi de finances et que les marchés publics aient été bouclés, le lancement effectif des travaux reste suspendu à la disponibilité des marges budgétaires. Le maire de Ziguinchor a souligné l'urgence de la situation, rappelant que la dégradation avancée de l'ouvrage constitue un risque permanent pour les usagers et un frein majeur au développement économique local. En réponse à ces préoccupations, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a annoncé la tenue d'un Conseil interministériel en novembre prochain, dédié à l'évaluation du Plan Diomaye pour la Casamance.
Désenclavement et développement économique
Au-delà de la question du pont, Djibril Sonko a plaidé pour une stratégie globale de désenclavement de la région. Ses recommandations incluent l'accompagnement des populations déplacées retournant dans leurs villages, la poursuite des opérations de déminage et l'accélération du projet d'agropole. L'édile insiste sur la nécessité de soutenir la transformation locale des produits agricoles pour stimuler l'activité économique et renforcer l'autonomie des filières régionales.
Devoir de mémoire et sécurité des transports
La commémoration du 26 septembre a également été l'occasion pour le maire de réaffirmer le droit des familles des victimes du Joola à faire leur deuil, notamment par la récupération des reliques et objets personnels. Ce rappel historique s'est accompagné d'une mise en garde sur les enjeux de sécurité publique : Djibril Sonko a fermement dénoncé la persistance des surcharges et le non-respect des normes de sécurité dans le secteur du transport, soulignant que la tragédie de 2002 doit rester une leçon pour la gestion actuelle des infrastructures et des services de mobilité.