Le maire de Béziers, Robert Ménard, fait l'objet d'une nouvelle plainte déposée par la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR) suite à ses déclarations publiques sur le refus de célébrer des mariages impliquant des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette affaire soulève des questions majeures sur les limites de l'exercice de la fonction d'officier d'état civil et sur la conformité des pratiques municipales avec le droit national.
Une controverse sur les pratiques municipales
Lors de l'ouverture de la feria de Béziers le 13 août 2026, Robert Ménard a déclaré : « Ici, je marie les gens qui sont en situation régulière, et les OQTF, on les renvoie chez eux ». Pour la LDVR, ces propos ne relèvent pas du simple débat politique, mais suggèrent l'existence d'une pratique administrative discriminatoire au sein de la mairie. L'association cherche désormais à déterminer si la situation administrative des futurs époux est systématiquement utilisée comme critère de sélection pour la célébration des unions dans la commune.
Le précédent judiciaire de 2023
La polémique s'ancre dans un cas concret survenu en juillet 2023, où le maire avait refusé de marier un couple binational dont le futur époux faisait l'objet d'une OQTF. Ce refus a conduit à une procédure judiciaire : Robert Ménard est convoqué devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 30 septembre prochain. L'avocate Me Khadija Aoudia souligne que la répétition de ces déclarations et le précédent de 2023 constituent, selon elle, des indices sérieux d'une intentionnalité dans l'infraction potentielle.
La défense du maire face aux accusations
Robert Ménard rejette fermement les accusations, qualifiant la plainte de « manœuvre politique ». Il soutient que son refus s'inscrit dans une logique de cohérence avec les décisions de l'État, arguant qu'un maire ne doit pas entraver l'exécution d'une mesure d'éloignement. Tout en affirmant ne pas se considérer au-dessus des lois, il appelle à une évolution législative, estimant que la réglementation actuelle est inadaptée. De leur côté, les services municipaux expriment leur inquiétude face aux soupçons pesant sur l'intégrité de leur travail administratif quotidien.