À l'approche de la présidentielle de 2027, le politologue Julien Fretel constate que le macronisme, jadis porté par Emmanuel Macron comme un « monarque présidentiel », montre des signes de fatigue. Gabriel Attal et Édouard Philippe, figures majeures du gouvernement, cherchent à s’éloigner de cet héritage pour préparer la prochaine échéance électorale.
Un bilan du premier mandat revisité en 2022
Dans le livre collectif L’Entreprise Macron à l’épreuve du pouvoir, co‑dirigé par Julien Fretel, l’auteur a évalué les réalisations et les limites du premier mandat d’Emmanuel Macron. Cette analyse, publiée en 2022, a mis en lumière les ambitions du président de se positionner comme un « monarque présidentiel », une posture qui, selon Fretel, n’a pas encore trouvé de successeur clairement identifié au sein du mouvement.
Attal et Philippe : une stratégie de démarcation
Le politologue souligne que Gabriel Attal, actuel porte‑parole du gouvernement, et Édouard Philippe, ancien Premier ministre, tentent de se distancier du macronisme, qu’ils perçoivent comme un fardeau politique. Cette volonté de rupture s’inscrit dans la campagne de 2027, où les acteurs cherchent à proposer une alternative à une doctrine jugée « lourde à porter ». Leurs démarches visent à redéfinir le discours du parti sans renier les acquis du passé, afin de gagner en légitimité auprès d’un électorat en quête de renouveau.
Absence d’héritier revendiqué : les enjeux pour le parti
Fretel rappelle que, dix ans après l’émergence du macronisme, aucun héritier ne s’est imposé comme porte‑drapeau du mouvement. Cette absence de figure charismatique pourrait compliquer la transmission du pouvoir et fragiliser la cohésion interne du parti. Le politologue indique que le manque d’un successeur clairement identifié crée une incertitude quant à la capacité du parti à mobiliser les électeurs autour d’un projet commun pour 2027.
Conséquences possibles pour la scène politique française
Si la tentative de détachement d’Attal et de Philippe ne parvient pas à convaincre les électeurs, le parti risque de voir son identité diluée, ouvrant la voie à de nouvelles forces politiques. À l’inverse, une rupture réussie pourrait redéfinir le paysage partisan, en offrant une alternative au macronisme tout en conservant une partie de son héritage institutionnel. Julien Fretel précise que ces scénarios restent à observer, mais ils soulignent l’importance d’une stratégie claire avant la présidentielle.