Le Luxembourg suspend l'approbation des obligations israéliennes sur le marché européen

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 39 lectures
Le Luxembourg suspend l'approbation des obligations israéliennes sur le marché européen

Le Luxembourg a mis fin à son autorisation concernant l'émission d'obligations d'État israéliennes, le prospectus associé ayant expiré le 31 août dernier. Cette décision place l'État hébreu dans une situation d'incertitude quant à sa capacité à lever des fonds via les investisseurs européens.

Le rôle pivot du régulateur luxembourgeois

En tant qu'État non membre de l'Union européenne, Israël doit s'appuyer sur un régulateur national au sein de l'UE pour valider son prospectus d'émission, un document juridique indispensable pour informer les investisseurs. Après le retrait de l'Irlande l'an dernier, le Luxembourg avait repris ce rôle via la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF). Le directeur général de la CSSF, Claude Marx, a toutefois justifié ce non-renouvellement en invoquant des règles européennes, bien que l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) ait précisé qu'un transfert de compétence sur deux années consécutives restait techniquement possible.

Un enjeu de financement militaire

Les obligations israéliennes, gérées par la Development Corporation for Israel (DCI), constituent une source de financement globale pour le gouvernement israélien. Contrairement à des emprunts fléchés, ces capitaux intègrent le budget général de l'État, incluant les dépenses de défense. Depuis octobre 2023, le recours à ces instruments financiers a été intensifié, le gouvernement israélien ayant largement augmenté son budget militaire. Selon Amnesty International, près de 4,5 milliards de dollars ont été levés sur les marchés internationaux entre octobre 2023 et janvier 2025, tandis que le marché européen représente environ 2,5 milliards de dollars de levées annuelles.

Pressions éthiques et incertitudes stratégiques

La décision luxembourgeoise s'inscrit dans un contexte de pressions accrues exercées par des organisations de défense des droits humains. Amnesty International a exhorté les États membres de l'UE à cesser la vente de ces titres, arguant que ces investissements pourraient rendre les pays européens complices des opérations militaires en cours à Gaza. Si le Luxembourg a choisi de ne pas poursuivre ce rôle de garant, la question de la succession reste ouverte : aucune autre nation européenne ne s'est pour l'heure portée volontaire pour prendre le relais. Israël conserve néanmoins un accès direct aux marchés financiers américains, son principal partenaire, où la DCI lève également des montants substantiels chaque année.

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