Face à la persistance des violences faites aux mineures dans la province du Logone oriental, la délégation provinciale de la Femme et de la Petite enfance, en partenariat avec l'UNICEF, a lancé un programme de renforcement des capacités destiné aux associations féminines locales. Cette initiative vise à transformer ces actrices communautaires en vecteurs de protection pour prévenir les pratiques néfastes qui entravent le développement des jeunes filles.
Un état des lieux alarmant sur la condition des mineures
La situation dans le Logone oriental demeure préoccupante, marquée par des indicateurs sociaux critiques. Selon les données officielles et les rapports de l'UNICEF, 68 % des filles tchadiennes sont mariées avant d'atteindre l'âge de 18 ans. À ce phénomène s'ajoute une prévalence élevée des mutilations génitales féminines (MGF) et des cas de viols. Pour la déléguée provinciale de la Femme, Yodamné Marie, cette réalité est largement alimentée par une méconnaissance profonde des cadres juridiques nationaux protégeant l'enfance.
Renforcer l'expertise des actrices de terrain
La session de formation, qui se déroule les 5 et 6 novembre 2026 à Doba, rassemble des représentantes issues des départements des Monts de Lam, de la Nya Pendé, de la Pendé et du Kouh ouest. L'objectif est de doter ces femmes d'une compréhension fine des textes légaux afin qu'elles puissent identifier, prévenir et signaler les violations des droits de l'enfant. Le programme aborde spécifiquement les conséquences physiques, mentales et scolaires du mariage précoce et des violences sexuelles.
Vers une stratégie de prévention communautaire
Au-delà de l'acquisition de connaissances, cette formation impose une dimension opérationnelle. Les participantes sont appelées à définir des mécanismes concrets pour l'écoute et le référencement des cas de maltraitance au sein de leurs localités respectives. Chaque groupement féminin devra, à l'issue de ces travaux, élaborer un plan d'action communautaire. Cette approche décentralisée ambitionne de faire des associations locales les premiers remparts contre les pratiques néfastes, en ancrant la protection de l'enfant au cœur des dynamiques sociales de la province.