La gestion du patrimoine immobilier de l'État sénégalais est au cœur d'une controverse impliquant l'ancien procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye. Alors que la Société de gestion et d'exploitation du patrimoine bâti de l'État (SOGEPA) exige son départ d'une villa située au Point E, l'ancien magistrat a saisi le président Bassirou Diomaye Faye pour contester cette injonction, invoquant la régularité de son bail.
Une procédure de récupération contestée
Depuis l'alternance politique de 2024, les nouvelles autorités sénégalaises ont engagé un inventaire rigoureux des biens publics. Dans ce cadre, la SOGEPA a sommé Serigne Bassirou Guèye de libérer la résidence qu'il occupe depuis 2021. Cette demande s'inscrit dans une volonté de rationalisation du parc immobilier étatique, une démarche qui a pris une dimension publique lors des récentes auditions devant la commission d'enquête parlementaire sur le patrimoine bâti.
La défense de l'ancien magistrat
Face à la pression de la SOGEPA, Serigne Bassirou Guèye a choisi de porter le dossier au sommet de l'État. Dans un courrier adressé au président Bassirou Diomaye Faye, il conteste la légitimité de son expulsion en retraçant l'historique de son occupation. Selon ses déclarations, ses démarches pour obtenir un logement administratif remontent à 2005. Il affirme avoir récupéré un bâtiment alors délabré, qu'il aurait rénové à ses propres frais avant d'obtenir un bail approuvé par la présidence et inscrit au livre foncier. Cette version des faits vise à démontrer que son installation ne relève pas d'une occupation indue, mais d'une procédure administrative en bonne et due forme.
Le flou sur le cadre contractuel actuel
La situation demeure complexe en raison de la divergence des informations sur le statut financier de cette occupation. Alors que des critiques pointent un loyer dérisoire, Serigne Bassirou Guèye soutient qu'il s'acquitte désormais d'un loyer mensuel de 1,5 million de francs CFA. Il précise que les montants inférieurs, évoqués lors des débats parlementaires, correspondaient uniquement à une indemnité de logement prélevée sur son salaire. À ce jour, le contenu exact de sa correspondance avec le chef de l'État reste confidentiel. L'absence d'expulsion effective suggère que le dossier est toujours en suspens, illustrant les défis rencontrés par l'administration dans la régularisation des baux de l'État.