Le paysage institutionnel sénégalais poursuit sa mue sous l'impulsion du président Bassirou Diomaye Faye. Le remplacement d'Outhmane Diagne à la présidence du Conseil d'administration du Fonds d'entretien routier autonome (FERA) illustre la volonté de l'exécutif de remanier les directions des agences nationales, écartant une figure emblématique de la mobilisation numérique du parti Pastef.
Un changement de gouvernance au FERA
Lors du Conseil des ministres de ce jeudi, le gouvernement a officialisé le départ d'Outhmane Diagne de la présidence du Conseil d'administration du FERA. Pour lui succéder, l'exécutif a porté son choix sur Baye Niass Cissé, un profil technique titulaire d'une maîtrise en droit des affaires. Ce mouvement s'inscrit dans une série de nominations visant à restructurer les instances dirigeantes des structures publiques, une dynamique engagée depuis l'accession au pouvoir des « patriotes ».
L'influence de la galaxie numérique dans l'appareil d'État
Outhmane Diagne occupait une place singulière au sein de l'administration, étant identifié comme l'un des coordonnateurs de la « Mafia Kacc-Kacc ». Ce réseau de militants, extrêmement influent sur les réseaux sociaux, a joué un rôle déterminant dans la stratégie de communication et de défense d'Ousmane Sonko et de son parti durant les années d'opposition. Sa nomination initiale au FERA était largement interprétée comme une forme de reconnaissance politique envers les acteurs ayant structuré la mobilisation numérique du mouvement.
Vers une nouvelle phase de gestion publique
Le départ de M. Diagne soulève des interrogations sur la trajectoire future des figures militantes ayant accédé à des postes de responsabilité après l'alternance. Alors que le président Bassirou Diomaye Faye continue de procéder à des ajustements au sein des agences nationales, la question de la place réservée aux anciens cadres de la « Mafia Kacc-Kacc » dans l'appareil d'État reste ouverte. Le remplacement de profils issus de la sphère militante par des techniciens formés au droit des affaires pourrait signaler une volonté de professionnalisation accrue de la gestion des fonds publics, un point à surveiller dans les prochaines nominations ministérielles.