Le limogeage de Fadilou Keïta de la direction générale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) par le président Bassirou Diomaye Faye suscite de vives interrogations. Ce changement à la tête de l'institution intervient alors que des accusations de mauvaise gestion et de contrats irréguliers pèsent sur la fin de son mandat.
Des soupçons de contrats juridiques irréguliers
Au cœur de la polémique figure une convention d'assistance juridique d'un montant de 100 millions de francs CFA, que Fadilou Keïta aurait tenté de conclure avec le cabinet de Me Ciré Clédor Ly. Selon des informations relayées, les services juridiques de la CDC auraient émis des réserves formelles sur ce projet, soulignant que l'institution disposait déjà de contrats actifs avec d'autres cabinets, notamment la SCP Kébé et Cissé ainsi que Houda & Associés. De plus, l'absence de ligne budgétaire dédiée à cette dépense dans les prévisions pour 2026 a renforcé les critiques sur la conformité de cette initiative.
Des allégations sur les nominations et les marchés
Au-delà du contrat d'assistance juridique, les accusations se sont étendues à la gestion globale des ressources humaines et des contrats de l'institution. Des sources ont évoqué l'existence d'une fiche d'audience datée du 1er avril 2025, suggérant des interventions sur des nominations stratégiques au sein de l'appareil d'État. Ces allégations visent notamment des propositions de postes pour des avocats, dont Me Bamba Cissé pour la fonction d'agent judiciaire de l'État et Me Ousseynou Fall pour une présidence de conseil d'administration. Ces éléments soulèvent des questions sur le respect des procédures de nomination et l'indépendance de la gestion des affaires courantes.
L'attente d'une clarification institutionnelle
Face à ces mises en cause, Fadilou Keïta a choisi de garder le silence jusqu'à la passation de service officielle. L'ancien directeur général a annoncé son intention de s'exprimer publiquement lors d'un point de presse après avoir quitté ses fonctions, promettant d'apporter des éclaircissements sur l'ensemble des dossiers de la CDC. À ce jour, les cabinets d'avocats cités dans ces affaires n'ont pas encore formulé de réponse officielle. La transition à la tête de la Caisse, désormais assurée par le secrétaire général par intérim, sera scrutée pour déterminer si des audits ou des mesures de régularisation seront engagés concernant ces contrats et nominations contestés.