La journaliste sénégalaise Fatou Abdou Ndiaye a vivement critiqué le renvoi de 87 directeurs généraux et présidents de conseil d'administration décrété par le président Bassirou Diomaye Faye, le qualifiant de geste purement politique et non fondé sur la performance.
Un remaniement sans précédent : 87 cadres supérieurs relevés de leurs fonctions
Dans le cadre d’une décision prise peu après son accession à la présidence, Bassirou Diomaye Faye a ordonné le licenciement simultané de 87 directeurs généraux (DG) et présidents de conseil d’administration (PCA) à la tête d’entités publiques et parapubliques. Aucun motif détaillé n’a été communiqué, mais la mesure touche l’ensemble de la haute fonction publique sénégalaise, affectant des secteurs variés tels que la santé, l’énergie, les transports et l’éducation.
Fatou Abdou Ndiaye dénonce une logique politique au détriment du mérite
Intervenue lors d’une interview, la journaliste a rappelé que le Sénégal avait longtemps mis en avant la méritocratie comme principe de gestion des cadres. « On pouvait mettre en avant la méritocratie », a-t-elle affirmé, soulignant que les 87 personnes limogées avaient, selon elle, « fait un excellent travail ». Pour Ndiaye, la décision du chef de l’État s’apparente à une manœuvre politique visant à placer des alliés ou à consolider son pouvoir, au risque de décourager les fonctionnaires performants.
Conséquences pour la gouvernance et la stabilité administrative
Le retrait massif de cadres expérimentés soulève plusieurs enjeux. D’une part, il crée un vide de compétences à court terme, susceptible de ralentir la mise en œuvre de projets publics. D’autre part, il envoie un signal aux fonctionnaires quant à la prévisibilité de leurs carrières, ce qui pourrait affecter la motivation et la rétention des talents. Enfin, la perception d’une gouvernance politisée risque d’alimenter le débat public sur la transparence et la légitimité des décisions exécutives.
Réactions attendues et pistes de suivi
Au-delà de la prise de parole de Fatou Abdou Ndiaye, les organisations syndicales du secteur public et les observateurs politiques sont appelés à réagir. Le suivi de la nomination des successeurs, la communication officielle du gouvernement sur les critères de sélection et l’évaluation de l’impact sur les services publics seront des indicateurs clés pour mesurer la portée de ce remaniement. La communauté internationale, attentive aux réformes institutionnelles au Sénégal, pourrait également s’interroger sur les implications de cette décision pour la gouvernance démocratique du pays.