Le leader de l'opposition ghanéenne renonce aux poursuites contre Gyamfi et recentre le débat sur les pertes de GoldBod

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Le leader de l'opposition ghanéenne renonce aux poursuites contre Gyamfi et recentre le débat sur les pertes de GoldBod

Le leader de l’opposition ghanéenne au Parlement, Alexander Afenyo-Markin, a abandonné sa menace de poursuites judiciaires contre le directeur général de GoldBod, Sammy Gyamfi, pour privilégier une réponse politique et institutionnelle aux allégations portées contre lui. Dans une intervention télévisée, il a invoqué l’exemple de Jésus-Christ face aux accusations pour justifier son silence, tout en mettant en garde contre les stratégies de diversion politique.

Un revirement stratégique face aux attaques personnelles

Moins de 24 heures après avoir menacé de recourir à des « recours juridiques » contre les allégations de diffamation, dont celle de l’avoir présenté comme un « extorqueur », Afenyo-Markin a adopté un ton bien plus mesuré. Interrogé sur sa volonté de poursuivre Gyamfi en justice, il a préféré invoquer la patience et la maturité attendues de sa fonction, citant la Bible comme référence : « Jésus a été accusé, il est resté silencieux. Il aurait pu agir, mais il a choisi d’observer. »

Le député d’Effutu a souligné que son rôle de leader de l’opposition exigeait une conduite irréprochable, conforme aux attentes du Nouveau Parti patriotique (NPP) et des Ghanéens. Il a rejeté l’idée d’une réaction émotionnelle, qualifiant les attaques de « stratégie politique » visant à détourner l’attention des questions substantielles, notamment les pertes liées au programme d’achat d’or de la Banque du Ghana (DGPP).

Les pertes de GoldBod au cœur du débat parlementaire

Afenyo-Markin a recentré le débat sur les pertes présumées du programme DGPP, qu’il qualifie de « question d’intérêt national ». Il a confirmé que l’opposition avait déjà déposé une motion pour une enquête parlementaire, espérant que les travaux de la commission ad hoc permettraient d’éclairer les transactions controversées avant l’examen du budget 2027. « Nous ne voulons pas tomber dans le piège d’une diversion », a-t-il insisté, tout en appelant à une diffusion en direct des auditions pour garantir la transparence.

Il a comparé sa situation à celle de son prédécesseur, Cassiel Ato Forson, ancien leader de l’opposition poursuivi en justice sous le gouvernement précédent. « En opposition, Ato Forson n’a-t-il pas été traîné devant les tribunaux ? Ses épreuves n’étaient-elles pas pires que les miennes ? » a-t-il rétorqué, soulignant que les leaders de l’opposition ghanéens subissent régulièrement des pressions politiques, voire judiciaires.

Une posture de résilience face aux pressions politiques

Le leader de l’opposition a assumé pleinement les défis de sa fonction, rappelant que la minorité parlementaire a pour mission de « tenir les pieds du gouvernement au feu ». Il a reconnu que les critiques et les attaques font partie du jeu politique, mais a dénoncé les « excès inacceptables » dans le langage utilisé contre lui. « Les Ghanéens attendent de nous une maturité à toute épreuve », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant sa détermination à mener à bien le mandat confié par le NPP.

Alors que la motion pour une enquête parlementaire est en attente d’adoption, Afenyo-Markin a exprimé l’espoir que les travaux de la commission puissent être menés à temps pour influencer les débats budgétaires de 2027. « Tout ce qui viendra ensuite, nous le gérerons », a-t-il conclu, insistant sur la nécessité de rester focalisé sur l’intérêt national plutôt que sur les polémiques personnelles.

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