Le leader de la minorité parlementaire au Ghana, Alexander Afenyo-Markin, a vivement interpellé l'exécutif sur les conséquences sanitaires alarmantes de l'orpaillage illégal, communément appelé « galamsey ». Il a mis en parallèle cette crise environnementale et humaine avec des zones d'ombre persistantes dans la gestion financière du Gold Board, soulignant une double défaillance de l'État.
Une crise sanitaire majeure dans les zones minières
Lors d'une session d'urgence du Parlement, le député a alerté sur la dégradation rapide de la santé des populations vivant à proximité des sites miniers clandestins. Selon ses déclarations, l'exposition prolongée aux polluants issus de ces activités illégales provoque une recrudescence inquiétante d'insuffisances rénales et pulmonaires. Pour le leader de l'opposition, cette situation a atteint le stade d'une épidémie silencieuse qui frappe les communautés locales, faute d'une intervention gouvernementale jugée courageuse et efficace.
Le contraste avec les zones d'ombre financières
Au-delà du bilan humain, Alexander Afenyo-Markin a soulevé des interrogations sur la transparence financière du secteur aurifère. Il a pointé du doigt l'incapacité du Gold Board à justifier une somme de 1,7 milliard de dollars, soit environ 22 milliards de cédis ghanéens. En liant ces pertes financières aux souffrances physiques des citoyens, l'élu cherche à placer la responsabilité du gouvernement face à une double crise : celle de la gestion des ressources nationales et celle de la protection des libertés publiques fondamentales, dont le droit à la santé.
L'urgence d'un débat parlementaire
Ces déclarations interviennent dans un contexte parlementaire tendu, alors que le président de l'Assemblée, Alban Bagbin, avait initialement appelé les députés à se concentrer sur un ordre du jour restreint, incluant des nominations à la Cour suprême et des réformes législatives sur les institutions bancaires. En soulevant la question du « galamsey » et de la gestion du Gold Board, l'opposition tente d'imposer ces enjeux de société au cœur des priorités nationales, arguant que le Parlement doit des comptes aux populations les plus exposées aux conséquences de l'exploitation minière incontrôlée.