Les récentes sorties médiatiques d'Alexander Afenyo-Markin, leader de la minorité au Parlement ghanéen, suscitent une vive controverse au sein de la classe politique et juridique. Ses accusations répétées contre des magistrats et des membres de la Cour suprême soulèvent des questions fondamentales sur le respect des institutions et les limites de la liberté d'expression des élus.
Une rhétorique jugée attentatoire à l'éthique judiciaire
Le comportement d'Alexander Afenyo-Markin a franchi un cap critique aux yeux de la Ghana Bar Association (GBA). En mai dernier, après avoir publiquement remis en cause la compétence d'un juge ayant ordonné le placement en détention d'un citoyen, l'élu a été rappelé à l'ordre par l'association professionnelle. La GBA a qualifié ses propos d'« non professionnels » et « contraires à l'éthique », rappelant que le système d'appel est la voie légale pour contester une décision, et non la presse.
Accusations de complot au sommet de l'appareil judiciaire
La tension est montée d'un cran en août 2025, lorsque le leader de la minorité a accusé le juge en chef, Paul Baffoe-Bonnie, d'avoir orchestré une « conspiration » pour évincer son prédécesseur, Gertrude Torkornoo, afin de briguer lui-même le poste. Il a également ciblé le juge Gabriel Scott Pwamang, président du comité ayant enquêté sur les pétitions visant l'ancienne juge en chef. Ces attaques, formulées sans preuves tangibles, sont perçues par certains observateurs comme une tentative de discréditer les institutions judiciaires en exploitant le silence imposé aux magistrats par leur devoir de réserve.
Enjeux sur l'indépendance de la justice
Au-delà de la polémique, ces déclarations posent un problème de fond sur la perception de la justice au Ghana. En promettant, selon certaines analyses, une réintégration de l'ancienne juge en chef en cas de changement de majorité politique, Afenyo-Markin alimente le soupçon d'une justice instrumentalisée. Cette posture fait craindre à une partie de l'opinion publique que les décisions judiciaires ne soient plus perçues comme le résultat de l'application du droit, mais comme le produit de rapports de force politiques. Ces attaques répétées contre l'intégrité des magistrats constituent un point de vigilance majeur pour la stabilité démocratique du pays, alors que le débat public se polarise autour de la légitimité des décisions rendues par les hautes juridictions.