Le leader de la minorité au Parlement ghanéen, Alexander Afenyo-Markin, conteste formellement la décision du Speaker Alban Bagbin d'écarter une motion visant à ouvrir une enquête parlementaire sur des saisies massives de stupéfiants. Ce bras de fer institutionnel soulève des questions cruciales sur les limites du contrôle parlementaire face aux procédures judiciaires en cours.
Un désaccord sur les prérogatives parlementaires
La motion, déposée le 28 septembre par le député Habib Iddrisu, demandait la création d'un comité ad hoc pour examiner les failles ayant permis l'exportation de cargaisons illicites depuis le Ghana. Au cœur du litige : la saisie de 3,9 tonnes de cocaïne au port de Dunkerque en France et de 320 kilogrammes de méthamphétamine par les autorités australiennes, toutes deux survenues en 2026. Pour le leader de la minorité, le refus du Speaker d'autoriser cette investigation, sous prétexte qu'elle interférerait avec des dossiers judiciaires pendants, constitue une erreur d'interprétation des pouvoirs de l'Assemblée.
La distinction entre justice et contrôle institutionnel
Alexander Afenyo-Markin soutient que l'enquête parlementaire ne visait pas à se substituer aux tribunaux, mais à auditer l'efficacité et l'intégrité des institutions publiques impliquées dans les processus de contrôle et d'exportation. Selon lui, l'existence de poursuites pénales ne doit pas paralyser le devoir constitutionnel de surveillance de l'État. Il a souligné que l'image internationale du Ghana est en jeu et que le Parlement se doit d'examiner les défaillances systémiques, indépendamment des verdicts judiciaires individuels.
Les risques pour la redevabilité démocratique
De son côté, le Speaker Alban Bagbin a justifié son refus en s'appuyant sur les règlements intérieurs du Parlement, arguant qu'une telle enquête risquerait de préjuger des affaires en cours en examinant des preuves et des témoins communs aux deux procédures. Cette position est perçue par l'opposition comme une menace pour l'équilibre des pouvoirs. Le leader de la minorité a mis en garde contre une érosion de la redevabilité : en affaiblissant la capacité de contrôle du Parlement, le pays risque de réduire les mécanismes de contre-pouvoir nécessaires à la bonne gouvernance des institutions étatiques.