Le député Samuel Abu Jinapor a été évincé de la Chambre des députés après avoir refusé de retirer une accusation contre le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa. Le chef de la minorité, Alexander Afenyo‑Markin, a réaffirmé la volonté du groupe d’assurer la responsabilité du gouvernement, rappelant le ton combatif d’Ablakwa lorsqu’il était dans l’opposition.
Éviction de l’MP Abu Jinapor et motif de la contestation
Le 4 novembre, le parlementaire de Damongo, Samuel Abu Jinapor, a été escorté hors de la salle des séances par un marshal parlementaire. Cette mesure a suivi son refus persistant de retirer une allégation concernant le passeport du ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. Aucun autre motif n’a été indiqué, mais la décision a été perçue comme une sanction pour avoir maintenu une critique dirigée contre un membre du gouvernement.
Le rappel du leader minoritaire : aucune voix ne doit être muselée
Alexander Afenyo‑Markin, leader de la minorité, a déclaré que ni lui, ni son groupe, ne laisseraient l’État étouffer leurs interventions. « Honorable Jinapor ne sera pas réduit au silence. Le caucus ne sera pas réduit au silence. Nous tiendrons le gouvernement et ses fonctionnaires responsables, comme les Ghanéens nous l’ont confié », a‑t‑il affirmé devant les médias. Il a souligné que la minorité, bien que numériquement réduite, demeure ferme dans ses convictions et prête à affronter toute pression.
Exigence de responsabilité pour le ministre des Affaires étrangères
Le même porte‑parole a rappelé le comportement d’Ablakwa lorsqu’il était opposant, le qualifiant de « loud » et d’« incorruptible ». Selon Afenyo‑Markin, le fait que le ministre occupe aujourd’hui un poste ministériel ne doit pas le soustraire à l’examen public. Il a invité Ablakwa à défendre publiquement les principes qu’il a défendus en opposition, insistant sur le fait que la fonction ministérielle ne doit pas offrir d’immunité face aux accusations.
Implications pour le contrôle parlementaire au Ghana
Cette confrontation met en lumière les tensions entre le pouvoir exécutif et le parlement, notamment la capacité de la minorité à exercer son rôle de contre‑poids. En rappelant que la responsabilité doit être appliquée de façon égale, le leader minoritaire cherche à renforcer la culture de l’accountability au sein des institutions ghanéennes. Si la minorité parvient à maintenir sa visibilité, elle pourrait encourager d’autres parlementaires à poser des questions difficiles, même face à des pressions institutionnelles. Le suivi de cette affaire sera donc un indicateur de la vigueur du contrôle législatif dans le contexte politique actuel du Ghana.