Le leader de la minorité parlementaire au Ghana, Alexander Afenyo-Markin, a vivement critiqué le rejet d'une motion visant à ouvrir une enquête sur des saisies récentes de cocaïne. Cette décision, actée par le Speaker lors d'une session d'urgence, est perçue par l'opposition comme une entrave directe aux prérogatives constitutionnelles de contrôle de l'institution législative.
Une remise en cause du rôle de surveillance parlementaire
Pour Alexander Afenyo-Markin, le refus d'examiner cette motion fragilise l'intégrité du Parlement dans l'exercice de ses fonctions. Le leader de la minorité soutient que le pouvoir législatif dispose d'un mandat constitutionnel clair, en vertu des articles 93 et 103 de la Constitution de 1992, pour auditer la gestion et l'efficacité des ministères, départements et agences d'État. En bloquant cette initiative, le Speaker limiterait la capacité des élus à exercer leur mission de redevabilité envers les institutions publiques.
Le conflit entre procédure judiciaire et contrôle politique
La décision du Speaker s'appuie sur l'existence de procédures judiciaires en cours concernant les saisies de stupéfiants. Une justification que conteste fermement le groupe minoritaire. Selon M. Afenyo-Markin, la présidence de l'Assemblée n'a pas démontré en quoi l'examen parlementaire des activités administratives des services concernés pourrait interférer avec les dossiers traités par les tribunaux. Il souligne que le Parlement ne cherche pas à se substituer à la justice, mais à évaluer la réponse institutionnelle face à ces enjeux de sécurité.
La distinction entre responsabilité pénale et oversight institutionnel
Le leader de la minorité a tenu à clarifier l'objectif de la motion rejetée. Il insiste sur le fait que l'enquête parlementaire ne visait en aucun cas à établir la culpabilité ou l'innocence d'individus poursuivis pénalement, ni à évaluer la crédibilité des témoins ou des preuves judiciaires. L'enjeu, selon lui, est strictement politique et administratif : il s'agit de déterminer si les organismes publics ont agi avec la diligence requise face à la circulation de produits illicites, une question qui relève de la responsabilité collective du Parlement vis-à-vis des citoyens.