Le lancement du Nkrumah Fest, une initiative portée par le député Emmanuel Armah-Kofi Buah, a été l'occasion pour le président national du Congrès national démocratique (NDC), Johnson Asiedu Nketiah, de plaider pour une reconnaissance nationale sans équivoque de l'héritage de Kwame Nkrumah. Cette célébration vise à restaurer la stature du premier président ghanéen, souvent au cœur de controverses politiques internes malgré son statut d'« Africain du siècle » reconnu mondialement.
Un impératif de réhabilitation nationale
Pour Johnson Asiedu Nketiah, la création de ce festival répond à une nécessité de corriger ce qu'il qualifie de « honte nationale ». Il déplore les tentatives passées de dénigrement de la figure de Nkrumah, estimant que le Ghana se doit de valoriser son héritage plutôt que de chercher à le minimiser. Selon lui, le Nkrumah Fest constitue une étape essentielle pour effacer les stigmates laissés par des années de polémiques politiques visant à réduire l'importance historique du père de l'indépendance.
L'architecte de l'unité territoriale
Au-delà de la symbolique, Asiedu Nketiah a rappelé le rôle structurel de Nkrumah dans la formation de l'État ghanéen moderne. Il a souligné que, avant l'action politique de ce dernier, le territoire était fragmenté en entités distinctes, incluant la colonie de la Gold Coast, le royaume Ashanti, les Territoires du Nord et le Trans-Volta Togoland. L'unification de ces quatre blocs en une nation souveraine demeure, selon lui, une contribution unique qui place Nkrumah au-dessus de toute comparaison avec d'autres figures nationalistes de l'époque.
L'éducation comme héritage concret
Le témoignage personnel d'Asiedu Nketiah illustre l'impact social des politiques nkrumahistes. Ayant bénéficié du programme d'éducation de base gratuite et obligatoire mis en place sous la présidence de Nkrumah, le responsable politique a réaffirmé son engagement en tant que militant de la pensée nkrumahiste. Ce parcours personnel renforce son argumentaire : l'héritage de Nkrumah ne doit pas être perçu comme une simple référence historique, mais comme le socle des opportunités éducatives qui ont façonné plusieurs générations de Ghanéens. Pour les observateurs, cet événement marque une volonté de sanctuariser la figure de Nkrumah au-delà des clivages partisans actuels.