Le Kremlin a annoncé jeudi la mise sous administration temporaire des filiales russes de plusieurs groupes européens, dont le géant français Auchan et le suisse Nestlé. Le ministre français de l'Économie, Roland Lescure, a dénoncé cette décision comme une mesure sans justification et a appelé la Russie à la réviser.
Décret présidentiel : une tutelle pour les entreprises « inamicales »
Selon un décret signé par le président Vladimir Poutine, les actifs de sociétés européennes encore actifs en Russie sont transférés à une société unique placée sous l'autorité du ministère de l'Intérieur russe. Le texte justifie l'action par l'appartenance de ces entreprises à des pays « inamicales » qui, selon Moscou, participent activement aux actions militaires contre la Russie dans le cadre du conflit ukrainien.
Réaction officielle de la France
Roland Lescure, ministre de l'Économie, a publié un communiqué qualifiant la mesure d'« administration provisoire sans justification ». Il a précisé que le gouvernement français était en contact étroit avec les entreprises concernées et qu'il demandait aux autorités russes de revenir sur cette décision. Bercy a souligné que la France suivait de près l’évolution de la situation pour protéger les intérêts de ses entreprises et de leurs salariés en Russie.
Réponses des entreprises concernées
Nestlé a limité sa réaction à un bref communiqué indiquant qu’elle « prenait note » du décret et qu’elle évaluait la situation ainsi que les options possibles pour protéger ses droits et assurer la continuité de ses activités, notamment pour ses employés. De son côté, la filiale russe d'Auchan a demandé des clarifications aux autorités russes, comme le rapportent les agences de presse TASS et Ria Novosti. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni quant aux mesures concrètes que ces groupes pourraient prendre.
Enjeux économiques et géopolitiques
Cette mesure s’inscrit dans une escalade des tensions entre la Russie et les pays européens, déjà marquée par des sanctions économiques réciproques depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. En ciblant les filiales locales, le Kremlin cherche à exercer une pression économique sur les entreprises perçues comme soutenant l’effort de guerre occidental. Pour les entreprises, la décision crée une incertitude juridique et opérationnelle, pouvant affecter leurs chaînes d'approvisionnement, leurs investissements et la sécurité de l'emploi de leurs salariés russes.