Au terme de sa 18e tournée européenne, Thierno Amadou BA, Khalife de Bambilor, a conclu son séjour italien par un plaidoyer en faveur d'une gestion plus humaine de l'immigration. Devant un parterre d'autorités civiles et religieuses à Crema, le guide spirituel a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages pour privilégier la solidarité envers les populations migrantes.
Une vision centrée sur la dignité humaine
Lors de son intervention à la Sala Alessandrini, le Khalife a rappelé que la question migratoire ne saurait être réduite à des enjeux purement administratifs ou sécuritaires. En soulignant la réalité humaine derrière chaque parcours — étudiants, travailleurs, parents — il a invité les sociétés d'accueil à renforcer leurs mécanismes d'accompagnement. Pour le dignitaire, la priorité doit être accordée à la reconnaissance de l'autre comme un semblable, une approche qu'il estime indispensable pour transformer les défis migratoires en opportunités de cohésion sociale.
Le modèle sénégalais comme vecteur de dialogue
S'appuyant sur l'expérience du Sénégal, Thierno Amadou BA a mis en avant la tradition de coexistence pacifique et de dialogue islamo-chrétien propre à son pays. Cette diplomatie religieuse, présentée comme un outil de lutte contre les préjugés, a été partagée avec ses interlocuteurs, dont l'évêque de Crema, Monseigneur Daniele Gianotti. Le Khalife a réaffirmé que la diversité, loin d'être une menace, constitue une richesse fondamentale, citant des principes spirituels prônant la connaissance mutuelle entre les peuples.
L'engagement de la diaspora et le rôle de la jeunesse
Le guide spirituel a également salué le travail de terrain mené par des structures comme le Réseau International pour l’Éducation, la Paix et la Prospérité (RIEPP), soulignant que la construction d'une communauté repose avant tout sur des actions concrètes. S'adressant spécifiquement à la jeunesse, il a rejeté la vision de cette dernière comme un « problème à résoudre », préférant la définir comme une force vive. Selon lui, les jeunes issus de la diaspora, par leur maîtrise de plusieurs cultures et langues, incarnent le potentiel d'un échange mutuel bénéfique, faisant d'eux des acteurs clés du rapprochement entre les sociétés africaines et européennes.