Face à la confirmation d'un premier cas importé du virus Ebola de souche Bundibugyo, le gouvernement kényan a officiellement classé cette pathologie comme « maladie épidémique redoutable ». Cette décision, actée par le ministère de la Santé, s'accompagne d'un cadre réglementaire strict visant à endiguer toute propagation sur le territoire national.
Un dispositif juridique renforcé
Le secrétaire au Cabinet de la Santé, Aden Duale, a publié deux avis juridiques le 12 octobre, activant les dispositions de la Loi sur la santé publique. Ces textes instaurent des règles contraignantes concernant le dépistage systématique aux points d'entrée du pays, l'isolement des cas suspects, la mise en quarantaine des personnes exposées et le suivi rigoureux des contacts. Le cadre légal définit également les responsabilités incombant aux établissements de santé, aux laboratoires et aux opérateurs de transport dans la gestion de cette crise sanitaire.
Gestion des risques et protocoles funéraires
La souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe actuellement aucun vaccin ou traitement spécifique approuvé, impose une vigilance accrue sur les modes de transmission. Les nouvelles directives encadrent strictement la manipulation des dépouilles et les procédures d'inhumation, afin d'éviter les contaminations lors des rites funéraires. Par ailleurs, les autorités sanitaires ont mis en place des protocoles de décontamination des locaux et une stratégie de communication publique pour sensibiliser les citoyens aux risques liés aux fluides corporels.
Mobilisation et suivi des contacts
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) accompagne le Kenya dans cette réponse opérationnelle. À ce jour, 127 personnes ayant été en contact avec le patient décédé ont été identifiées, dont 94 ont été placées en quarantaine. Plus de 665 000 voyageurs ont déjà fait l'objet d'un dépistage aux frontières. L'OMS a également fourni un appui logistique, incluant du matériel de protection et des tests d'une valeur de 70 000 dollars, tout en recommandant de ne pas imposer de restrictions de voyage ou de commerce à l'encontre du Kenya, de l'Ouganda ou de la République démocratique du Congo à ce stade.