Le Kenya durcit sa politique minière pour favoriser la transformation locale de ses ressources

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
Le Kenya durcit sa politique minière pour favoriser la transformation locale de ses ressources

Le gouvernement kényan a officiellement acté la fin de l'exportation de ses matières premières brutes, une décision stratégique visant à capter davantage de valeur ajoutée sur son territoire. En imposant le raffinage local pour l'or, le coltan, les terres rares et d'autres minerais, Nairobi entend transformer radicalement son secteur minier d'ici 2030.

Une stratégie de transformation industrielle nationale

Le président William Ruto a annoncé une série de mesures contraignantes pour les opérateurs miniers, exigeant que les ressources extraites au Kenya soient désormais traitées sur place. Pour soutenir cette ambition, trois raffineries d'or sont en cours de déploiement, notamment à Kakamega et Nairobi. Cette politique d'interdiction s'étend à une large gamme de minerais, incluant le calcaire, le fer, le graphite, le titane et le carbonate de sodium, marquant une rupture nette avec le modèle d'exportation de matières premières brutes qui prévalait jusqu'ici.

La restructuration du gisement de Magadi

Cette nouvelle orientation politique s'illustre par le dossier de Tata Chemicals Magadi Limited, exploitant historique du carbonate de sodium dans le comté de Kajiado. Après la suspension de ses activités en juillet, les autorités ont ordonné le départ de l'entreprise, qui exportait annuellement plus de 350 000 tonnes de soda ash vers l'Asie et le Moyen-Orient. Le gouvernement prévoit désormais de diversifier les opérateurs sur ce site, tout en cherchant des partenariats industriels, notamment avec l'homme d'affaires nigérian Aliko Dangote, pour développer des infrastructures pétrochimiques à Lamu.

Une dynamique continentale de souveraineté minière

Le Kenya s'inscrit dans une tendance panafricaine croissante où les États cherchent à reprendre le contrôle sur leur chaîne de valeur. À l'instar du Zimbabwe avec le lithium, de la République démocratique du Congo avec le cobalt, ou encore de la Guinée et du Burkina Faso concernant l'or, Nairobi multiplie les mesures restrictives pour favoriser l'industrie locale. Le Bénin, avec ses politiques sur le cajou et le coton, illustre également cette volonté de transformer les produits agricoles et miniers avant leur sortie du territoire.

Le défi de la montée en puissance du secteur

Si le secteur minier ne pèse actuellement qu'environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) kényan, les autorités affichent l'objectif ambitieux de porter cette part à 10 % d'ici 2030. La réussite de cette transition dépendra toutefois de la capacité du pays à attirer des investissements massifs pour construire les infrastructures de raffinage nécessaires et à convaincre les partenaires industriels de s'implanter durablement dans le pays.

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