Le président kényan William Ruto a ordonné la fermeture immédiate des petits commerces de détail détenus par des ressortissants étrangers. Cette mesure, qui doit entrer en vigueur dès lundi prochain, vise à réserver les activités de proximité aux citoyens kényans et à réorienter la stratégie d'attractivité économique du pays vers les investissements à grande échelle.
Une mesure administrative immédiate
Sans attendre l'adoption formelle du projet de loi sur le contenu local (Local Content Bill) introduit en 2025, le chef de l'État a instruit le ministère des Investissements, du Commerce et de l'Industrie de lancer des actions coercitives dès la semaine prochaine. Le président Ruto a justifié cette décision par la nécessité de protéger les petits commerçants locaux contre une concurrence jugée déloyale. Selon lui, les efforts de redressement économique du pays doivent se concentrer sur l'accueil d'investisseurs capables de soutenir une croissance structurelle, et non sur le commerce de détail informel ou de petite taille.
Redéfinir la stratégie d'attractivité étrangère
Le discours présidentiel marque une distinction nette entre les investisseurs institutionnels et les petits commerçants étrangers. William Ruto a souligné que la confiance des investisseurs, patiemment construite par son administration, n'a pas pour vocation d'attirer des acteurs opérant dans le secteur du petit commerce ou du colportage. L'objectif affiché est de sanctuariser les segments de marché situés à la base de la pyramide économique pour les entrepreneurs nationaux, tout en encourageant une politique où 60 % des biens et services seraient sourcés localement.
Une tendance régionale croissante
Avec cette décision, le Kenya s'aligne sur une dynamique protectionniste observée chez plusieurs de ses voisins africains. À l'instar du Botswana, du Ghana et de la Tanzanie, Nairobi cherche à réguler l'accès aux secteurs à faible capital. En juillet 2025, la Tanzanie avait déjà interdit aux non-citoyens l'exercice de 15 activités, incluant la réparation électronique, les services d'argent mobile, le courtage immobilier et le commerce de détail. Ces politiques visent, de manière concertée, à renforcer la souveraineté économique nationale en réservant les niches commerciales accessibles aux citoyens les moins capitalisés.