Le sénateur Peter Ameh, candidat du National Democratic Congress (NDC) à la circonscription de Kogi East, a appelé les formations d'opposition à ne pas célébrer le jugement qui a annulé la candidature d'Atiku Abubakar et dissous le comité de travail de l'African Democratic Congress (ADC). Selon lui, la décision profite avant tout au parti au pouvoir, l'All Progressives Congress (APC), qui pourrait en tirer parti en maintenant l'opposition divisée.
Un verdict perçu comme un avantage pour le parti au pouvoir
Lors d'une allocution à Abuja, Ameh a souligné que le jugement ne constitue pas une victoire pour un camp politique particulier. Il a rappelé que l'APC, qui détient le pouvoir depuis onze ans, se réjouirait de voir les partis d'opposition affaiblis, quel que soit le logo qu'ils arborent. "Ils veulent que nous nous disputions entre nous, afin que nous ne remarquions pas le vrai jeu qui se joue contre nous tous", a-t-il déclaré.
Le risque d'une victoire éphémère transformée en arme politique
Le sénateur a mis en garde contre la tentation de fêter immédiatement le jugement. Selon lui, une victoire apparente pour une faction aujourd'hui peut devenir demain un levier contre une autre. "Les mêmes forces qui peuvent effacer un candidat ou une structure de direction peuvent tout aussi facilement se retourner contre vous quand cela leur convient", a-t-il averti, insistant sur le fait que l'appartenance partisane ne protège pas des manœuvres de pouvoir.
Appel à une opposition unie autour d'élections libres et crédibles
Ameh a exhorté les partis d'opposition à concentrer leurs efforts sur la revendication d'élections libres, transparentes et crédibles, plutôt que de s'enliser dans des querelles internes sur les candidatures et les structures de direction. Il a également critiqué la gouvernance de l'APC, l'accusant d'avoir échoué à fournir une bonne gouvernance pendant plus d'une décennie et appelant à une mobilisation collective pour mettre fin à son règne.
Enjeux pour le paysage politique nigérian
Ce rappel de l'opposition intervient à un moment où le Nigeria se prépare à de nouvelles échéances électorales. La capacité des partis d'opposition à surmonter leurs différends internes pourrait déterminer leur poids face à un APC qui, selon les propos d'Ameh, cherche à exploiter les divisions pour consolider son emprise. Le jugement contre Atiku et l'ADC, loin d'être une simple affaire judiciaire, s'inscrit ainsi dans une dynamique plus large de lutte pour l'équilibre des forces politiques au pays.