La neutralité du juge en chef du Ghana, Paul Baffoe-Bonnie, est au cœur d'un débat public après des déclarations élogieuses sur la gestion de deux institutions étatiques. L'analyste politique Dr Bernard Tutu-Boahene exhorte le magistrat à présenter des excuses publiques pour préserver l'intégrité de sa fonction.
Une entorse aux principes d'impartialité
La controverse a éclaté le 2 septembre dernier, lors de visites effectuées par le juge en chef au sein du Minerals Income Investment Fund (MIIF) et du Social Security and National Insurance Trust (SSNIT). En louant publiquement la performance de ces entités et en interrogeant la gestion des huit dernières années, le magistrat s'est attiré les critiques de plusieurs observateurs. Selon le Dr Tutu-Boahene, ces propos contreviennent aux « Principes de Bangalore », qui imposent aux membres de la magistrature une réserve stricte en matière d'impartialité et de convenance.
La crédibilité de l'institution judiciaire en question
L'analyste souligne que si le juge en chef conserve ses droits de citoyen, sa position exige une retenue particulière. En s'exprimant publiquement sur des sujets politiques ou administratifs, il fragilise sa capacité à trancher des litiges futurs impliquant ces mêmes institutions. Le Dr Tutu-Boahene estime que la réponse officielle du Service judiciaire, qualifiée de défensive, a aggravé la situation au lieu de rassurer l'opinion publique sur l'indépendance de la justice.
Un risque pour la neutralité des services publics
Au-delà du cas spécifique du juge en chef, cette polémique illustre une inquiétude croissante concernant l'érosion de la neutralité politique au sein des institutions ghanéennes. Le Dr Tutu-Boahene rappelle que la Constitution de 1992 impose des limites claires aux responsables publics pour éviter toute confusion entre leurs fonctions et des prises de position partisanes. L'analyste prévient que le non-respect de ces règles de déontologie pourrait, à terme, fragiliser la stabilité démocratique et la sécurité nationale du pays. Il appelle les dirigeants des institutions publiques à une plus grande discipline, rappelant que certaines opinions doivent impérativement rester dans la sphère privée.