Le juge en chef du Ghana sous le feu des critiques après des déclarations sur la gestion publique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Le juge en chef du Ghana sous le feu des critiques après des déclarations sur la gestion publique

Les récentes sorties publiques du juge en chef du Ghana, Paul Baffoe-Bonnie, lors de visites dans des institutions étatiques, ont déclenché une polémique majeure au sein de la classe politique. Ses commentaires sur la gestion des entreprises publiques au cours des huit dernières années sont perçus par certains observateurs comme une intrusion inappropriée du pouvoir judiciaire dans le débat partisan.

Une visite institutionnelle au cœur de la discorde

Lors d'une tournée effectuée le 2 septembre au sein du Minerals Income Investment Fund (MIIF) et de la Caisse nationale de prévoyance sociale (SSNIT), le juge en chef a publiquement salué les performances actuelles de ces entités. Il a notamment comparé la situation présente à celle des huit années précédentes, s'interrogeant sur les raisons du déclin passé de ces institutions. En évoquant la gestion antérieure, notamment les projets de vente d'actifs stratégiques comme le Labadi Beach Hotel, il a souligné une amélioration notable de la gouvernance actuelle.

La neutralité du pouvoir judiciaire en question

Ces déclarations ont immédiatement suscité une vive réaction de la part de l'activiste politique et médecin, le Dr Arthur Kobina Kennedy. Ce dernier a vertement critiqué le magistrat, estimant que ses propos s'apparentaient à une rhétorique partisane, proche de celle de l'opposition. Pour le Dr Kennedy, le rôle du juge en chef n'est pas d'évaluer la performance des entreprises d'État, mais de se concentrer sur les réformes nécessaires au sein de l'appareil judiciaire lui-même. Cette sortie a ravivé les tensions sur l'impartialité requise pour la plus haute autorité judiciaire du pays.

Un clivage politique exacerbé

La controverse a rapidement pris une dimension partisane. Le Nouveau Parti Patriotique (NPP) a exigé la démission du juge en chef, accusant ce dernier d'avoir abandonné sa réserve institutionnelle au profit d'un soutien politique implicite. À l'inverse, le Congrès National Démocratique (NDC), actuellement au pouvoir, a rejeté ces appels au départ. Par la voix de son secrétaire général adjoint, Mustapha Gbande, le parti a estimé que les propos tenus ne constituaient pas une preuve d'affiliation politique justifiant une révocation. Cet affrontement illustre la fragilité des équilibres institutionnels dans un contexte où chaque déclaration publique est scrutée sous le prisme de la compétition électorale.

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