Le juge en chef du Ghana salue la gestion des entreprises publiques et suscite un vif débat politique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Le juge en chef du Ghana salue la gestion des entreprises publiques et suscite un vif débat politique

Le juge en chef du Ghana, Paul Baffoe-Bonnie, a exprimé son admiration pour la gestion actuelle de plusieurs institutions publiques, notamment le Minerals Income Investment Fund (MIIF) et la Caisse nationale de prévoyance sociale (SSNIT). Ces déclarations, formulées lors de visites officielles, marquent une prise de position publique rare qui interroge sur la neutralité de la plus haute autorité judiciaire du pays.

Une appréciation positive des performances institutionnelles

Lors de ses déplacements au sein du MIIF et de la SSNIT début septembre 2025, le juge en chef a souligné une amélioration notable de la gestion de ces entités. Il a notamment comparé la situation actuelle à la période précédente, s'interrogeant sur les politiques menées au cours des huit dernières années. Concernant la SSNIT, il a salué les progrès accomplis, contrastant avec les projets passés de cession d'actifs stratégiques, tels que l'hôtel Labadi Beach, qu'il a qualifiés de signes d'un déclin institutionnel antérieur.

La controverse sur l'indépendance judiciaire

Ces éloges, perçus comme un soutien implicite à l'administration actuelle, ont immédiatement suscité des critiques au sein de la classe politique. La position constitutionnelle du juge en chef impose, par principe, une stricte réserve et une indépendance vis-à-vis de l'exécutif. En valorisant publiquement les résultats d'organismes sous tutelle gouvernementale, Paul Baffoe-Bonnie s'expose à des accusations de partialité, dans un contexte où la séparation des pouvoirs est un sujet de débat national intense.

Un contexte de nomination sous tension

L'impact de ces propos est amplifié par les conditions particulières de l'accession de M. Baffoe-Bonnie à son poste. Nommé juge en chef par intérim en avril 2025 après la suspension de sa prédécesseure, Gertrude Torkornoo, il a été confirmé par le Parlement en novembre suivant. Ce processus avait été marqué par le boycott de l'opposition, qui contestait la légitimité de la procédure et soulevait des inquiétudes sur d'éventuels conflits d'intérêts. Bien que le magistrat ait réfuté toute motivation politique lors de sa confirmation, ses récentes sorties médiatiques ravivent les tensions entre les forces politiques et l'institution judiciaire.

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