Un juge nigérian impose le silence médiatique sur l’affaire du certificat NYSC de Bola Tinubu, mettant en garde les avocats contre toute discussion publique sous peine de sanctions.
Une interdiction formelle des débats hors tribunal
Le juge Inyang Ekwo, de la Haute Cour fédérale d’Abuja, a ordonné aux avocats impliqués dans l’affaire visant à disqualifier le président Bola Tinubu pour l’élection présidentielle de 2027 de s’abstenir de tout commentaire public. Le magistrat a insisté sur le fait que tous les arguments doivent être présentés exclusivement devant la cour, excluant ainsi les plateformes médiatiques et réseaux sociaux. « Ce procès doit se dérouler au tribunal, et non dans les médias, qu’ils soient traditionnels ou sociaux », a-t-il déclaré, précisant que toute tentative de discussion en ligne entraînerait des mesures disciplinaires immédiates.
Des désaccords sur la procédure de notification
Lors de l’audience de mardi, les avocats des parties ont exposé leurs positions sur la manière dont Tinubu doit être notifié des actes introductifs d’instance. Joseph Onu, représentant Atiku Abubakar et l’ADC, a demandé une notification personnelle au président, invoquant la sensibilité de l’affaire. Il a proposé une alternative : une notification substituée, à condition que Tinubu donne son accord écrit pour recevoir les documents par l’intermédiaire de son avocat. « Nous ne voulons laisser aucune place à une faille technique », a-t-il justifié.
En revanche, Alex Iziyon, avocat de l’INEC, a contesté cette exigence, arguant que la présence de l’avocat de Tinubu à l’audience suffisait à établir sa représentation dans l’affaire. Il a également pressé la cour d’accélérer le processus, soulignant que 17 jours s’étaient écoulés depuis le dépôt de la plainte et que l’INEC était prêt à déposer sa défense sous 10 jours. Le juge Ekwo a cependant rappelé que la cour ne pouvait dicter la méthode de notification choisie par les plaignants.
L’enjeu : l’éligibilité de Tinubu pour 2027
Atiku Abubakar et l’ADC contestent la validité de la candidature de Tinubu à l’élection présidentielle de 2027, l’accusant d’avoir présenté un certificat de service NYSC falsifié à l’INEC. Selon eux, le document soumis porte le nom « Tinubu Bola Adekunle », une divergence qu’ils considèrent comme une preuve de falsification. Cette affaire s’appuie sur l’article 137(1)(j) de la Constitution nigériane de 1999, qui prévoit la disqualification d’un candidat ayant présenté un certificat falsifié à la commission électorale. Les plaignants ont demandé un ajournement jusqu’au 28 septembre pour régler les questions procédurales avant que l’affaire ne soit examinée au fond.
Une procédure sous haute tension
Cette affaire, enregistrée sous le numéro FHC/ABJ/CS/1888/2026, oppose Tinubu, son parti (l’APC) et l’INEC aux plaignants. Le juge Ekwo a ajourné l’audience jusqu’au 28 septembre, laissant planer une incertitude sur l’issue d’un procès qui pourrait redéfinir les règles de l’éligibilité politique au Nigeria. Les prochaines étapes dépendront des décisions prises sur la notification et de la capacité des parties à respecter les délais imposés par la cour.