Le journaliste nigérien Ibro Chaibou retrouve la liberté après dix mois de détention à Niamey

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 57 lectures
Le journaliste nigérien Ibro Chaibou retrouve la liberté après dix mois de détention à Niamey

Le journaliste Ibro Chaibou, rédacteur en chef de la télévision privée Saraounia, a été libéré ce vendredi 28 août 2026 après dix mois de détention. Son élargissement marque l'épilogue d'une procédure judiciaire qui a suscité une vive inquiétude quant à l'usage des lois sur la cybercriminalité contre les professionnels des médias au Niger.

Un dossier judiciaire lié à la cybercriminalité

L'affaire remonte au 30 octobre 2025, date à laquelle Ibro Chaibou a été interpellé à Niamey. Inculpé quelques jours plus tard, il a été placé sous mandat de dépôt à la prison de Kollo. Le journaliste était poursuivi pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public », une accusation fondée sur la législation nigérienne relative à la cybercriminalité. Le litige portait initialement sur le partage, via les réseaux sociaux, d'une invitation à une conférence de presse organisée par le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP).

Une procédure impliquant plusieurs figures médiatiques

Ibro Chaibou n'était pas le seul professionnel des médias visé par ces poursuites. Il était impliqué dans le même dossier que Youssouf Seriba, directeur de publication du journal Les Échos du Niger, et Oumarou Kané, fondateur du journal Le Hérisson. Si ces deux derniers ont bénéficié d'une remise en liberté le 14 juillet 2026 après plus de huit mois de détention, Ibro Chaibou était resté incarcéré plusieurs semaines supplémentaires avant d'obtenir à son tour sa libération.

La mobilisation des organisations de défense des droits

L'arrestation et le maintien en détention prolongé de ces journalistes ont provoqué une mobilisation internationale. Plusieurs organisations, dont Reporters sans frontières (RSF), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et Human Rights Watch (HRW), avaient publiquement dénoncé l'utilisation des textes sur la cybercriminalité pour restreindre l'exercice du journalisme. Ces organisations avaient multiplié les appels à la libération des trois hommes, soulignant les enjeux liés à la liberté d'information et à la protection des acteurs de la presse dans le pays.

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