Le journaliste et panafricaniste Kwesi Pratt Jnr a vivement critiqué l'accord de coopération en matière de défense liant le Ghana aux États-Unis depuis 2018. Lors de la 15e conférence commémorative Kwame Nkrumah, il a appelé les citoyens à exiger une plus grande transparence sur les termes de ce partenariat, qu'il juge préjudiciable à la souveraineté nationale.
Des clauses jugées attentatoires à la souveraineté
Entré en vigueur en mai 2018, l'accord de coopération militaire entre Accra et Washington fait l'objet de vives critiques de la part de Kwesi Pratt Jnr. Le journaliste pointe notamment du doigt des dispositions qui, selon lui, limitent la capacité de l'État ghanéen à défendre ses intérêts. Il cite particulièrement une clause qui empêcherait le Ghana de réclamer des indemnisations en cas de destruction de biens publics ou privés par des soldats américains stationnés sur le territoire national.
La gratuité des fréquences nationales en question
Au-delà des enjeux de responsabilité civile, le conférencier a soulevé la question de l'accès aux infrastructures de communication. Il dénonce une disposition permettant aux forces armées américaines d'utiliser gratuitement les fréquences nationales ghanéennes. M. Pratt a établi un parallèle avec le secteur médiatique local, soulignant que les opérateurs de télévision ghanéens, bien qu'œuvrant pour l'intérêt public, sont contraints de payer pour l'usage de ces mêmes fréquences, créant ainsi un déséquilibre qu'il juge injustifiable.
Une critique de la gouvernance nationale
Au-delà des aspects techniques de l'accord, Kwesi Pratt Jnr a élargi son propos à une critique plus globale de la classe politique ghanéenne. Il a accusé les gouvernements successifs d'avoir failli à leur mission de protection de la dignité nationale et de s'être éloignés de la vision politique héritée du premier président du pays, Kwame Nkrumah. Pour l'orateur, cette situation témoigne d'une irresponsabilité politique persistante.
L'appel à une vigilance citoyenne
En conclusion de son intervention à l'Université de Cape Coast, le journaliste a exprimé l'espoir que la population ghanéenne s'empare davantage de ces enjeux stratégiques. Il exhorte les citoyens à demander des comptes à leurs dirigeants sur les accords internationaux qui engagent l'avenir et l'intégrité du pays, espérant une prise de conscience collective face à ce qu'il considère comme une érosion des acquis nationaux.