Le Japon franchit une étape décisive dans la course mondiale à l'informatique quantique avec le lancement de Shunkai, son premier prototype basé sur la technologie des atomes neutres. Développé par l'Institut des sciences moléculaires, ce système ambitionne de surpasser les capacités des supercalculateurs actuels pour résoudre des problématiques complexes.
Une innovation technologique majeure à température ambiante
Situé dans la préfecture d'Aichi, le prototype Shunkai repose sur une méthode innovante dirigée par le professeur Kenji Ohmori. Le système utilise des lasers pour piéger des atomes électriquement neutres au sein d'une chambre à vide. Contrairement aux architectures quantiques conventionnelles qui exigent des dispositifs de refroidissement extrêmes, cette approche offre l'avantage majeur de pouvoir fonctionner à température ambiante. Cette caractéristique facilite non seulement la miniaturisation du matériel, mais réduit également les contraintes logistiques liées à son exploitation.
Un écosystème collaboratif entre recherche et industrie
Le projet, baptisé en hommage à l'astronome de l'époque d'Edo, Harumi Shibukawa, est le fruit d'une synergie entre le monde académique et le secteur privé. Intégré au programme « Ohmori Moonshot », le développement de Shunkai mobilise des acteurs industriels de premier plan. Le groupe Hitachi assure la conception de la pile logicielle, tandis que l'entreprise Infleqtion se concentre sur la pile de l'unité de traitement quantique (QPU). Cette collaboration vise à transformer une prouesse de laboratoire en un outil industriel robuste et performant.
Vers une puissance de 10 000 qubits d'ici 2031
Si le prototype actuel se limite à des calculs de base, les ambitions des chercheurs sont à long terme. La deuxième phase du projet, initiée en avril 2026, se concentre sur la stabilité du système et la correction d'erreurs quantiques. L'objectif final, fixé à l'horizon mars 2031, est de déployer une machine tolérante aux pannes dotée de 10 000 qubits physiques. À terme, cette infrastructure a vocation à être ouverte à des utilisateurs externes, marquant une étape clé vers le remplacement partiel des infrastructures informatiques classiques par des solutions de calcul quantique haute précision.