Le Japon a franchi un seuil symbolique avec plus de 107 000 centenaires recensés, illustrant une transition démographique sans précédent. Ce vieillissement massif de la population impose une restructuration profonde du système de protection sociale et des politiques de l'emploi pour maintenir la viabilité économique du pays.
Un système de retraite sous contrôle budgétaire
Malgré une population proportionnellement plus âgée que celle de la France, le Japon consacre environ 9,1 % de son PIB aux retraites, contre 13,9 % pour l'Hexagone. Cette maîtrise budgétaire repose sur un taux de remplacement net nettement inférieur, plafonné à 42,4 % pour un salaire moyen. Le pays applique une « indexation macroéconomique » qui ajuste automatiquement le montant des pensions en fonction de l'espérance de vie et du nombre de cotisants, tout en incitant les citoyens à retarder leur départ à la retraite jusqu'à 75 ans pour bonifier leur pension.
Le maintien des seniors dans la vie active
Pour pallier la pénurie de main-d'œuvre, le Japon mise sur une prolongation massive de la vie professionnelle. En 2025, 9,3 millions de personnes âgées de 65 ans et plus occupaient un emploi, soit plus d'un Japonais sur deux dans la tranche 65-69 ans. Cette dynamique, bien qu'essentielle pour l'économie, s'accompagne d'une précarisation notable : près de 77 % de ces travailleurs seniors occupent des postes non permanents, souvent assortis de conditions salariales dégradées.
Leviers d'adaptation face au déclin démographique
La perte de 14 millions d'habitants en âge de travailler depuis 1995 contraint le Japon à diversifier ses sources de main-d'œuvre. L'augmentation du taux d'emploi des femmes, qui dépasse désormais 74 % pour les 15-64 ans, a constitué un levier majeur. Parallèlement, le recours à la main-d'œuvre étrangère s'est accéléré, atteignant un record de 2,3 millions de travailleurs. Toutefois, ces ajustements ne suffisent pas à compenser le déclin naturel de la population japonaise, qui diminue de plus de 800 000 personnes par an, déplaçant désormais les enjeux financiers vers la hausse inévitable des dépenses de santé et de dépendance.