Le gouvernement japonais a officiellement protesté contre la tenue d'exercices militaires russes incluant des tirs de missiles au large des îles Kouriles. Cette démonstration de force de Moscou intervient dans un climat de dégradation profonde des relations bilatérales, marqué par un contentieux territorial historique et des divergences majeures sur le conflit en Ukraine.
Une démonstration de force navale
Selon les informations relayées par l'agence Kyodo, la flotte russe du Pacifique a procédé à des tirs d'essai de missiles depuis des systèmes côtiers Bastion. Ces manœuvres ont mobilisé des unités stratégiques, dont le croiseur Varyag, navire amiral de la flotte, ainsi que le sous-marin nucléaire Omsk. L'exercice, qui simulait une attaque contre des navires ennemis, a permis d'atteindre des cibles situées à plus de 300 kilomètres. Si la date précise de l'opération reste floue, la confirmation de ces tirs par Moscou a immédiatement déclenché une réaction diplomatique ferme de Tokyo.
Un contentieux territorial ravivé
La souveraineté sur ces quatre îles, occupées par l'armée soviétique en 1945, demeure le point de friction central entre les deux nations. La récente visite du président Vladimir Poutine sur cet archipel, qualifié de « Territoires du Nord » par le Japon, a exacerbé les tensions. La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a réaffirmé que ces terres constituent une partie intégrante du territoire national, une position qui a conduit à une convocation mutuelle des ambassadeurs cette semaine.
L'impact du conflit ukrainien sur les relations
La dégradation des liens entre Tokyo et Moscou s'inscrit dans un contexte international plus large. Depuis le début du conflit en Ukraine, le Japon a rejoint les sanctions du G7 et apporte un soutien financier et logistique à Kiev. Bien que le Japon ne puisse fournir d'équipements létaux directement, il participe indirectement à l'effort de défense ukrainien en exportant des missiles intercepteurs Patriot vers les États-Unis, permettant ainsi de reconstituer les stocks américains. Ce positionnement stratégique du Japon, aligné sur les puissances occidentales, renforce l'isolement diplomatique actuel entre Tokyo et le Kremlin.