Un rapport de 173 pages du comité de liaison de la Chambre des Lords accuse le gouvernement britannique d'être trop passif face à la prolifération des publicités de jeux d'argent en ligne et préconise une interdiction proche de celle appliquée au tabac, afin de protéger la santé publique.
Un rapport exhaustif préconise une interdiction quasi totale
Le document, rédigé par un groupe multipartite de pairs au sein de la Chambre des Lords, propose de bannir « presque toutes » les formes de publicité liées aux jeux de hasard, y compris les placements de produits et les campagnes menées par des influenceurs sur les réseaux sociaux. Selon les auteurs, cette mesure serait la plus efficace pour réduire les dommages collectifs associés à la pratique du jeu, notamment les problèmes de dépendance et les coûts sociaux qui en découlent.
Le gouvernement jugé trop passif face à la digitalisation du secteur
Le rapport souligne que l'essor du marketing numérique a permis aux opérateurs de jeux d'argent de toucher un public plus large, y compris les jeunes, sans que les régulateurs n'adaptent rapidement leurs outils de contrôle. Les pairs reprochent aux autorités de n'avoir pas réagi de façon proportionnée à cette « explosion » de publicités en ligne et d'influenceurs qui promeuvent les paris et les casinos, créant ainsi un déséquilibre entre l'offre promotionnelle et la protection des consommateurs.
Les acteurs du jeu réagissent avec véhémence
La proposition a immédiatement suscité la colère des organisations représentant les bookmakers et les casinos, qui ont qualifié le projet d'interdiction de « mesure draconienne » et d'atteinte à la liberté commerciale. Ces groupes de lobbying, dont le principal porte-parole est le Betting and Gaming Council, ont menacé de contester la recommandation et d'intensifier leurs efforts de plaidoyer auprès du Parlement pour préserver les modèles économiques basés sur la publicité digitale.
Enjeux de santé publique et perspectives législatives
Si le gouvernement décidait d'adopter le modèle de restriction similaire à celui du tabac, il devrait réviser le cadre législatif actuel du Gambling Act et mettre en place des mécanismes de suivi des campagnes publicitaires en ligne. Les experts en santé publique estiment que la réduction de l'exposition aux messages promotionnels pourrait diminuer le nombre de nouveaux cas de dépendance au jeu, mais soulignent que l'efficacité dépendra également de la capacité des autorités à faire appliquer les nouvelles règles.